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• Mardi 23 août 2016 à 15h28

Jamie Cudmore, le bûcheron veut découper au pays des sapins

Jamie Cudmore sera l'un des cadres du nouveau Oyo. © V. Janiaud

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    Jamie Cudmore sera l'un des cadres du nouveau Oyo. © V. Janiaud

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    Découvrez le supplément spécial USO vendredi

L’idée de « star » ne colle pas à l’image d’Oyonnax. Néanmoins, ce n’est pas faire ombrage au reste de l’effectif d’écrire que Jamie Cudmore est le joueur le plus connu de l’USO. Le 2e ligne, champion de France avec Clermont en 2010, est un colosse incontournable du Top 14. A 37 ans, il débarque dans un championnat Pro D2 rugueux qui devrait parfaitement lui aller.


Un nouveau défi à 37 ans


Jamie Cudmore possède un CV presque aussi épais que ses bras. Et vu la taille de ses biceps, il faudrait plus parler d’annuaire que de carte de visite…. Le Canadien a notamment déjà participé à quatre Coupes du Monde. Pourtant, il est arrivé tardivement dans le monde du rugby, après avoir travaillé comme « bûcheron » notamment. « J’ai commencé dans mon village sur la côte Ouest, dans l’équipe des Squamish Axemen, raconte Jamie Cudmore. C’était un petit niveau, environ 3e ou 4e série. Nous jouions contre les équipes de Vancouver. Notre équipe était composée par des étrangers travaillant dans la station de Whistler : des Australiens, des Néo-Zélandais… mais aussi par des gars du village de Squamish comme le plombier, l’avocat, les gars qui travaillaient le bois avec moi. Je suis tombé amoureux de ce jeu, j’ai commencé alors que j’avais 16-17 ans ». Pourtant, son père – ancien joueur en Angleterre – aurait bien voulu qu’il joue avant mais sa mère trouvait ce sport trop violent. Jamie Cudmore s’illustre alors plutôt en ski où il avait un excellent niveau. Après avoir découvert un rugby très âpre aux Squamish, il met le cap sur Vancouver puis en Nouvelle- Zélande. « Là-bas, j’ai eu une grosse progression même si je jouais en 2e division » se souvient-il. Cela lui permet d’intégrer l’équipe espoir national du Canada. De retour au pays, il franchit un nouveau cap et devient international senior. Jamie Cudmore ressort ses valises en 2002. Cap sur le Pays de Galles et les Scarlets. Après avoir joué la Coupe du monde 2003 en Australie, il découvre le championnat français à Grenoble où il croise alors Johann Authier et Florian Faure (actuel 3e ligne de l’USO). Le « Bucheron » devient ensuite un Jaunard à Clermont où il passe 11 saisons. « J’ai pu encore à nouveau progresser chaque année – surtout pendant les années Vern Cotter – où nous étions sur un bon cycle qui a payé avec plusieurs finales et un bouclier en 2010 ». Il restera un joueur emblématique de ce club.



« Mon père m’a toujours dit qu’il fallait être généreux, qu’il fallait toujours donner plus. Alors si les adversaires me visent, je vais redonner !


Après avoir longtemps navigué au sommet du Top 14, le Canadien se lance donc à l’assaut du championnat de Pro D2. « Cela ne me dérange pas de descendre d’une division, glisse-t-il. Oyo a de vraies ambitions pour remonter et c’est un projet qui me plait. J’ai passé pas mal d’années à Clermont mais je veux vivre un nouveau challenge, de nouveaux défis. Cela aurait presque été confortable, un peu trop facile d’intégrer le staff d’entraîneurs à Clermont. J’avais envie de tenter quelque chose de nouveau. C’est peut-être un tôt pour le dire mais je suis content de mon choix ».


Un leader naturel


Le responsable sportif Johann Authier sait qu’il pourra compter sur ce joueur investi : « J’attends de lui qu’il soit capable de se comporter comme il l’a été pendant 15 ans, qu’il affiche une grosse intensité sur le terrain et du leadership. Il a une aura de par sa carrière, ce côté bosseur qui est apprécié. Il a énormément d’expérience et nous l’attendons en tant que 2e ligne très complet ». Il n’y a pas que le staff d’Oyo qui est impatient de voir ce joueur évoluer dans ce championnat. Ses adversaires aussi. Certains seront même tentés de le viser… « Cela ne me gêne pas », sourit Jamie Cudmore. Avant d’ajouter amusé : « T’inquiète pas, s’ils me visent, cela sera redonné. Mon père m’a toujours dit qu’il fallait être généreux, qu’il fallait toujours donner plus. Alors je vais redonner ! » Le colosse ne débarque pas en préretraite dans le Haut-Bugey. Même s’il sera sûrement coach à l’avenir.  « Être entraîneur m’intéresse pour le futur. J’ai d’ailleurs déjà entraîné le Canada. Mais pour l’instant, ce qui m’occupe c’est d’être joueur, ma fondation et mon business avec mon épouse ». Sa fondation évoque le problème des commotions cérébrales (voir ci-dessous) tandis que l’affaire lancé avec son épouse concerne le vin (Sinbin et Bloodbrother alias « frères de sang », une entreprise d’entreposage, c’est-à-dire de stockage et d’expédition de vins). Une activité importante mais qui passe après le rugby pour le moment. « Je suis là pour être joueur à 100%, martèle-t-il. Je vais faire mon maximum jusqu’à ce que je ne puisse plus. J’ai bossé avant ma carrière, alors que j’étais lycéen. Dans le gaz, la construction, le bois… J’ai apprécié ces métiers mais j’apprécie encore plus le sport professionnel, c’est plus facile ». L’entraîneur des avants Adrien Buononato s’est déjà aperçu de l’envie de Cudmore de rester compétiteur : « C’est peut-être le joueur qui est arrivé le plus prêt physiquement. Il ne vient pas pour se reposer mais débarque avec la volonté de tirer l’équipe vers le haut ».


« Donner » plutôt que « recevoir »


Avec 195 matchs de Top 14 et une cinquantaine de rencontres de Coupe d’Europe au compteur, Jamie Cudmore n’a pas grand-chose à prouver. Il veut simplement se faire plaisir. « J’aime bien si je réussi un bon placage, une bonne percussion, sourit-il. Bon, j’aime bien aussi faire bien jouer un copain pour marquer ». Malicieux, il ajoute : « là aussi, je préfère donner que recevoir ». Le Canadien est forcément un homme de base du nouveau projet d’Oyo. « C’est dommage pour l’USO d’être à ce niveau-là après le travail de Christophe Urios, constate-t-il. Johan (Authier) a été mis dans une situation délicate la saison passée mais nous allons nous attacher à reconstruire ». Pour cela, le combat est une priorité. Cela tombe bien vu ses goûts pour ce rugby-là : « Je veux que nous soyons redoutés de partout, avec une très grosse défense, dit-il en fronçant les sourcils. Que nous pour gagner, tout le temps ». Leader, il veut emmener le groupe dans son sillage. « J’essaie de ne pas parler trop, affirme-t-il cependant. Je ne suis pas là que pour parler. Je suis juste là pour dire un petit mot par ci par là, pour donner un peu de confiance, surtout aux plus jeunes qui ont moins d’expérience et de vécu en Pro D2 ou dans le rugby pro ». A l’entraînement, pour l’instant, il parle tout même pas mal. Notamment au moment de travailler la touche où il traduit certaines explications. « J’essaie de donner quelques astuces car nous sommes en période d’organisation. Nous devrons faire des choses simples, mais bien faites ». S’il a promis de ne pas parler beaucoup, une chose est certaine : Quand Jamie Cudmore va s’adresser au groupe, il sera forcément écouté.


Julien Veyre




Une fondation face aux commotions cérébrales

Jamie Cudmore vient de créer en compagnie de son épouse une fondation nommée Rugby Safety Network qui sensibilise au problème des commotions cérébrales. « En France, nous sommes en retard dans le traitement de ces commotions, explique-t-il. Il faut que l’on arrête de dire : « tu es costaud, tu peux continuer ». S’il y a un choc à la tête, il faut arrêter de jouer, cela ne veut pas dire que tu es faible. Nous travaillons sur un programme d’éducation, un livre pour les plus jeunes ». L’ancien joueur de l’ASM a notamment critiqué son ancien club chez nos confrères du Midi Olympique pour certains matchs en avril 2015 qu’il n’aurait pas dû jouer selon lui, en raison de ce type de commotions reçues.







A ne pas rater le supplément spécial début de saison de l’US Oyonnax rugby, supplément gratuit de Voix de l’Ain édition Bugey – Pays de Gex. Celui-ci sera disponible en kiosques du 26 août au 1er septembre. A consulter aussi en accédant à notre boutique en ligne.

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