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• Mercredi 28 septembre 2016 à 12h30

Montcet - Jean-Louis Gayet, un psy aux multiples vies

Avec l'aide de sa fille Maïté, architecte, le psychothérapeute Jean-Louis Gayet a lancé un chantier participatif.

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    Avec l'aide de sa fille Maïté, architecte, le psychothérapeute Jean-Louis Gayet a lancé un chantier participatif.


Au fond du jardin, un petit sentier serpente au milieu des feuillages, et grimpe jusqu’à une table ronde en pierre. Une phrase de Bouddha y est inscrite. « Le bonheur, c’est quand vos actes sont en accord avec vos paroles. » Jean-Louis Gayet, psychothérapeute et maître d’hôte, cultive ici son lieu de méditation. Là où les gens de passage viennent faire le point, en surplombant la campagne bressane, dans sa belle demeure de Montcet.


Éduc’, psy, maître d’hôte


« Jean-Louis est arrivé dans la région avec 100 francs en poche et son sac à dos, dans les années soixante-dix. Il ne l’a plus quittée », raconte sa femme, Éliane Gaye. Elle a construit avec lui un lieu de vie qui semble un peu en dehors du temps. Ils tenaient ensemble le gîte, dans un grand corps de ferme rénové, tandis que Jean-Louis accueillait ses patients dans ce cadre bucolique. Mais les époux sont sur le point de fermer les chambres d’hôtes, et ont lancé, sous l’impulsion de leur fille Maïté, un chantier participatif pour rénover leur maison.


Des dizaines de bénévoles mettent la main à la pâte et s’initient à l’art du bâtiment, avec l’utilisation de matériaux écologiques comme la paille pour l’isolation et des pneus pour les fondations. « C’est un peu à l’image de ma vie : ce sont des moments de partage, où chacun a à apprendre des autres », se félicite Jean-Louis.


Difficile de définir en deux mots cet homme qui, tel un chat – dont il a le regard – semble avoir eu plusieurs vies. Formé en tant qu’éducateur spécialisé, il avait commencé, avec sa femme, par former un lieu de vie pour enfants de la DDASS dans sa maison actuelle, à Montcet. « Nous voulions créer notre propre projet, réapprendre à vivre décemment à ces enfants en manque d’amour, se souvient-il. Nous avons créé notre propre cadre, notre propre projet. C’était une histoire très enrichissante. Mais je n’ai jamais voulu être éducateur dans une institution car le cadre ne me convenait pas. »



Confiance en l’Homme


Issu de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne, poussé sur les voix d’objecteur de conscience par l’Abbé Pierre pour ne pas faire son service militaire, Jean-Louis a reçu une éducation chrétienne mais se qualifie désormais « d’œcuménique ». Il cultive une certaine spiritualité et aime à citer Einstein pour dire que « le hasard, c’est quand Dieu veut rester incognito ». Jean-Louis compte d’ailleurs passer sa retraite à étudier toutes les religions.


Un thème qui n’a jamais été autant d’actualité, avec la vague d’attentats qui touche le pays. Le psy fait malgré tout plutôt confiance au genre humain. « Je vois dans ces actes désespérés le miroir du désarroi de l’être humain, qui s’est coupé de lui-même. Mais je reste persuadé que même la pire canaille recèle une lumière en elle, soutient-il. C’est ce qui m’a toujours guidé dans mon travail, même dans les cas les plus dramatiques. »


S’il a toujours eu à cœur d’aider les personnes en difficulté, sans jugement de valeur sur leurs actes, Jean-Louis a parfois baissé les armes dans certaines situations. « Si je vois que je tourne en rond, que je ne peux pas aider la personne, je ne la reçois plus, et je l’envoie vers quelqu’un qui me paraît plus compétent », confie-t-il. Pour éviter que le psy ne devienne gourou et que ses conseils deviennent paroles d’évangile, il est parfois obligé de prendre du recul. « Le risque peut être grand de rendre le patient sous emprise, reconnaît-il. J’ai moi-même suivi une psychothérapie, une étape obligatoire pour exercer. Je me sers de cette expérience pour aider la personne à retrouver son autonomie et à trouver ses propres réponses. »



Sortir des « petites boîtes »


À la différence du psychologue, le thérapeute part de ses expériences de vie pour aider ses patients avec des conseils concrets. « Je n’ai rien contre les facs de psycho, mais ce savoir ne s’apprend pas seulement sur les bancs de l’école, estime Jean-Louis. Notre société nous enferme dans des petites boîtes. Mon travail, c’est d’aider la personne à devenir pleinement qui elle est. »


Jean-Louis partage aussi ses connaissances en développement personnel sur les ondes, avec une chronique « Pensées et proverbes » qu’il anime parfois pour la radio RCF. Et donne des cours d’Espéranto, une langue « universelle, qui n’appartient à personne, sans supériorité d’une culture par rapport à une autre. Personne n’est étranger. » Homme de convictions, Jean-Louis milite également au sein du collectif « stop Bugey » pour demander la fermeture de la centrale nucléaire. « Je trouve aberrant de jouer aux apprentis sorciers avec la santé des gens », souffle-t-il. Un combat parmi tant d’autres.


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