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• Dimanche 6 novembre 2016 à 11h55

La grogne des policiers gagne le département

Le 22 octobre, des policiers du département manifestaient devant le commissariat, le 26 et le 29 ils étaient devant la préfecture.

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    Le 22 octobre, des policiers du département manifestaient devant le commissariat, le 26 et le 29 ils étaient devant la préfecture.


Ce sont les événements survenus le 8 octobre à Viry-Châtillon dans l’Essonne (deux policiers blessés par des jets de cocktail molotov), qui ont mis le feu aux poudres. Des policiers de Vénissieux ont été victimes de jets similaires. Et dans l’Ain, les forces de l’ordre ne sont pas à l’abri de ces débordements. Mais le malaise qui secoue la police au niveau national comme au niveau départemental est bien plus profond.




J’ai un gilet pare-balle qui date de 2002, dont l’efficacité effective est de 5 ans. Mais elle a été passée à
10 ans. Il tient chaud, n’est pas confortable, mais ne protège plus. J’ai 3 kilos de plus sur le dos pour rien… »
, explique un gardien de la paix. « J’ai pris une voiture ce matin, l’accélérateur coinçait… », raconte un sous-brigadier. Des voitures qui afficheraient plus de 200 000 km au compteur, sont entretenues « à la limite du raisonnable », un Kangoo, des Partners, « une vieille 308, une Mégane pourrie… face à des BMW ». Des ordinateurs peu performants. « Plus vous passez de temps devant votre ordinateur, moins vous passez de temps dehors ! » Les policiers se plaignent de la lourdeur des procédures administrative (procès-verbaux…). Ils disposeraient d’un armement qui ne serait pas à la hauteur pour faire face à des délinquants mieux équipés. En parallèle de ce manque de matériel, les policiers déplorent un manque de formation : à l’usage des armes, mais aussi aux techniques d’intervention (face à une personne retranchée et armée, déplacement en colonnes d’assaut…).



« Travail de vigile »



Les policiers qui se disent déjà en sous-effectif, se voient confier des missions parasites qui monopolisent les troupes sur des actions qui ne relèvent, selon eux, pas de leurs attributions. Comme accompagner des personnels de la préfecture à la Trésorerie au moment de transports d’argent, effectuer les extractions du centre pénitentiaire, assurer une présence au tribunal pendant les audiences de correctionnelle, les gardes de détenus à l’hôpital… Et à ces missions s’ajoutent celles liées aux attentats (surveillance de certains sites en fonction des risques…), aux manifestations sportives (Euro…). « On ne fait plus notre boulot de flic ! On fait du travail de vigile, d’agent de sécurité ! Si on supprime tout ce qui relève du centre pénitentiaire, du tribunal et de l’hôpital, on pourra commencer à faire notre travail ! » Le manque d’effectifs est comblé par les adjoints de sécurité (ADS) qui feraient le travail de policiers aguerris.


Autre sujet de mécontentement, le « laxisme de la justice » : « Le nombre de gars que l’on a arrêté 10-15-20 fois et qui ne sont jamais inquiétés ! » Mais les policiers, eux, se sentent de plus en plus exposés et menacés par les délinquants. « Certains sortent du commissariat et nous menacent. Et il y a plus de blessés pendant les interpellations qui deviennent de plus en plus difficiles ». Comme au niveau national, la question de la légitime défense est évoquée. Elle est, pour les policiers de terrain, trop compliquée et ne serait plus adaptée. Une simplification serait nécessaire afin de leur permettre d’utiliser leur arme lorsque cela est nécessaire. « On ne veut pas abattre les gens, il s’agit juste de rentrer vivant le soir ! »




« Toujours
sur vos fesses ! »



« On est toujours sur vos fesses ! » Ce policier explique que lui et ses collègues subissent des contrôles réguliers. « Il ne faut pas sortir du droit chemin quand vous êtes flic. Vous êtes jugé plus sévèrement. » Et un oubli dans une procédure risque de la rendre caduque. Des fonctionnaires de police dénoncent un manque de soutien de la part de la hiérarchie qui serait fortement mobilisée par des missions administratives. Manque de soutien aussi sur certaines interventions délicates sur lesquelles ils doivent attendre parfois plusieurs minutes avant d’avoir des consignes d’action claires. Ils regrettent aussi que la prise en charge des frais de justice n’existe plus dans le cas des outrages simples.


Depuis la fin de la semaine précédente, les fonctionnaires de police font la grève du zèle. « On ne fait que les urgences. Mais il est hors de question de laisser des personnes dans la difficulté. Tout ce qui est dangereux ou urgent, on le fait », explique ce gardien de la paix. « Quand je suis entré dans la police, lorsque l’on commençait à 5 heures, tout le monde était dans la voiture dès 4 h 30. Maintenant, ce n’est plus le cas ! », commente un policier.



 

CGu




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