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• Dimanche 6 novembre 2016 à 8h00

Qui sont les Saints de l'Ain ?

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La Toussaint, la fête de tous les saints. Des hommes et des femmes qui ont marqué l’Église catholique, et donner lieu à des cultes, des pèlerinages, des invocations… Si certains dans l’Ain sont régulièrement célébrés, le Saint Curé d’Ars, Saint Pierre Chanel ou encore Saint Vincent de Paul, d’autres moins connus font néanmoins partie du patrimoine et « tacitement » du quotidien des habitants du département pour la simple et bonne raison qu’ils ont donné, sans le savoir, leur nom à plusieurs communes. Au VIe et VIIe siècle, pour pallier le manque d’églises, on crée de nouvelles paroisses. Et comme pour fonder une église, « il fallait trouver des reliques, aller à Rome, on a sauté sur l’occasion des martyrs locaux. Ces saints ont d’abord donné leur nom aux paroisses, les communes ont ensuite repris le nom de la paroisse, » précise Paul Cattin, ancien directeur des archives départementales de l’Ain.


Si l’Ain n’est pas particulièrement un terreau de sainteté, il compte néanmoins quelques noms auréolés, dont des martyrs comme Saint Didier et Saint Rambert qui ont péri, persécutés sur nos terres. Ou encore Saint Vulbas, mort en martyr à quelques kilomètres du département mais dont les reliques reposent dans la commune du même nom, car il était gouverneur de la Bourgogne transjurane dont le département faisait partie.



Saint Didier


« Saint Didier appartient au diocèse Belley-Ars par son martyre, par le séjour de ses reliques et surtout par le culte dont il a été l’objet » nous apprend l’ouvrage Les Saints du diocèse de Belley*signé du chanoine L. Joly. Né à Autun au VIe siècle, Saint Didier serait mort assassiné à Prissignac, l’ancien nom de Saint-Didier-de-Chalaronne, sur les ordres de la reine Brunehaut, dit-on. Entré dans les ordres très jeune, et devenu archevêque en Bourgogne, il lui est reproché par le pape Grégoire « de donner trop d’importance à l’histoire profane dans ses enseignements. » Didier dément, interpelle son supérieur et critique notamment la conduite de la reine, réputée belliqueuse, manipulatrice et rusée. Pour se venger, elle réunit un concile d’évêques de son choix, lesquels accusent l’archevêque de crimes et l’exilent. Quand il revient des années plus tard, la reine n’a toujours pas digéré l’outrage, d’autant que son petit-fils, le roi Thierry consulte le prêtre. Au retour d’une visite au roi, il périt sous les coups de bâtons d’hommes envoyés par Brunehaut, et péri. Mais une autre histoire raconte que c’est le pape lui-même qui aurait fait sacrifier l’homme pour ses propos jugés profanes…

Ses reliques, dont il ne reste rien, seront conservées à Saint-Didier-sur-Chalaronne. Cinq communes de l’Ain portent aujourd’hui le nom du Saint. Il est célébré le 23 mai.




Saint Vulbas


Martyr lui aussi, Saint Vulbas a vécu au VIIe siècle. « Ce qui l’attache au diocèse, c’est qu’il était gouverneur de notre pays au moment de son martyr et que ses précieuses reliques reposent depuis 1 300 ans dans l’église de Saint-Vulbas » nous apprend le chanoine. Saint Vulbas reçoit la gouvernance du pays en reconnaissance de son service au roi Dagobert. Sa grande considération qui perdure sous le règne de Clovis II, roi de Bourgogne, fils de Dagobert, le mènera à sa perte. Jaloux de l’aura de Vulbas, Flaocat, maire du palais de Clovis II, lui tend un guet-apens près d’Autun et le fait massacrer. Saint Eloi, proche du martyr, prédira la mort du commanditaire du meurtre, 10 jours après les faits. Ce qui arriva. Une commune de l’Ain porte le nom de la victime : Saint-Vulbas, dans la Plaine de l’Ain. On le fête le 10 mai.


 

Saint Rambert


Quelques années après la disparition de Saint Vulbas, un autre homme va trouver la mort en martyr « pour la foi et la justice, dans notre pays même. » On est toujours au VIIe siècle. Rambert, le fils de Ragdebert, prince de sang mérovingien, est élevé dans la piété et la science, par les plus grands évêques à une époque « où nos rois laissaient le pouvoir à l’un des plus grands du royaume, appelé maire du palais ».

Le cruel Ebroïn est l’un d’eux, il est aussi le meurtrier de Saint Léger, évêque d’Autun. Il persécutera d’autres évêques. Rambert n’échappe pas à la haine de l’homme. Saint Ouen, archevêque de Rouen, réussit à faire épargner Rambert qui doit néanmoins s’exiler dans le Bugey. Le seigneur à qui il est confié reçoit l’ordre de le tuer.

Une de fois plus, Rambert est épargné, grâce au seigneur touché par sa vertu. Mais Ebroïn est un têtu. Apprenant que l’homme est toujours en vie, il envoie deux tueurs à ses trousses qui le rencontrent dans une gorge de Bugey, et malgré les supplications de Rambert à le laisser prier, le tuent d’un coup de lance.

On raconte que pendant des siècles une sorte d’huile coulait de son tombeau, placé dans l’ancienne abbaye de Saint-Rambert-en-Bugey, et guérissait les malades. La saint Rambert se fête le 12 juin.



 

Saint Trivier


Lui n’est pas mort en martyr, il a d’ailleurs vécu jusqu’à un âge avancé. Mais a néanmoins donné son nom à deux communes de l’Ain. Celui qu’on retrouva « mort au milieu du champ où paissait son troupeau » vers l’an 550, est né dans le Quercy. Le moine Trivier embrasse la vie monastique dans le Pas-de-Calais. C’est parce qu’il raccompagne de jeunes prisonniers du roi d’Austrasie dans leur pays qu’il débarque dans les Dombes. Il n’accepte, comme récompense, qu’un lopin de terre sur lequel il bâtit sa cellule. Il y passe le reste de sa vie à prier. C’est là aussi qu’il fût inhumé, une chapelle en bois fut construite sur son tombeau.

Reconstruite quelques années après en matériaux solides, la chapelle où l’on fit reposer son corps devint un lieu de pèlerinage très populaire. On dit que les guérisons de malade étaient nombreuses…

Les reliques de saint Trivier, plus tard transférées à Neuville-les-Dames, disparurent dans un incendie mais là encore, la chapelle où elles avaient été entreposées devint un lieu de pèlerinage, les bergers et leurs bêtes venaient ici se mettre sous la protection de Saint Trivier, et ce, jusqu’au XVIIe siècle. La Saint Trivier est célébré le 16 janvier.



* Les saints du diocèse de Belley par le chanoine L. Joly, aumônier de la Providence de Bourg.


Marion Villeminot




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