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• Vendredi 25 novembre 2016 à 17h00

Banque alimentaire : « Il nous faudrait 300 tonnes de plus »

Fin 2015, 6000 personnes étaient bénéficiaires de la Banque alimentaire dans l'Ain. Les chiffres seront en hausse cette année.

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    Fin 2015, 6000 personnes étaient bénéficiaires de la Banque alimentaire dans l'Ain. Les chiffres seront en hausse cette année.

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    120 magasins seront concernés.

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    122 tonnes de denrées ont été collectées l'an dernier.


La Banque alimentaire organise sa 33e collecte nationale. Dans l’Ain, quelques 120 magasins, moyennes et grandes surfaces, sont concernés, sur l’ensemble du territoire. Si elle ne représente pas l’unique ressource de la Banque alimentaire, cette collecte est primordiale. Entretien avec Gilles Bollard, président de l’association dans le département.



Combien de personnes sont bénéficiaires de la Banque alimentaire dans l’Ain ?

À la fin 2015, 6000 personnes étaient bénéficiaires. Les chiffres devraient être en hausse à la fin de cette année. Nous sommes de plus en plus sollicités. La vague des migrants vient se surajouter aux bénéficiaires habituels. Ils représentent 300 à 400 personnes environ sur la totalité. Mais la majorité des bénéficiaires sont des retraités qui ont du mal à boucler les fins de mois et les travailleurs pauvres et notamment des mamans qui ont un ou plusieurs enfants. L’aide alimentaire que nous leur apportons représente 200 à 250 €. Cela leur permet de survivre. Toutes ces personnes qui sont ouvertes à l’aide alimentaire, le sont sur dossier, établi par des travailleurs sociaux.



Par quel intermédiaire les denrées sont-elles redistribuées ?

Par l’intermédiaire de 300 associations qui se répartissent en 3 groupes : les Croix-Rouge (23 dans l’Ain), les CCAS de communes (13 qui sont inscrits dans l’Ain), et les associations comme le Secours catholique, les épicerie sociales, Tremplin, Emmaüs, les Églises protestantes.



Quelles quantités ont été collectées l’an dernier dans le département ?

122 tonnes.



Qu’est-ce que cela représente par rapport à ce que vous collectez chaque année ?

Nous récoltons 850 tonnes par an. 120 à 122 tonnes viennent de la collecte, 240 tonnes proviennent de l’aide européenne et 550 tonnes du ramassage quotidien dans les magasins donateurs. Nous ramassons ce qui ne peut plus être commercialisé, mais est consommable. Ce que les gens donnent ici revient aux bénéficiaires de l’Ain.



L’édito sur le site internet de la Banque alimentaire de l’Ain stipule que les rayons sont vides. Est-ce exact ?

Il nous reste un mois à un mois et demi de stock. Normalement, les stocks sont bas en été. Ils remontent légèrement avec les dotations européennes, puis avec la collecte, et sont pleins en janvier. Ils redescendent à nouveau jusqu’à l’été. Les stocks sont là particulièrement bas par rapport aux années précédentes.



Cette collecte est donc importante ?

Elle est primordiale car elle complète le ramassage quotidien, mais surtout car elle permet de l’équilibrer. En donnant des produits frais et secs, on peut permettre d’offrir une alimentation nutritionnellement équilibrée. Dans l’Ain, il nous faudrait 300 tonnes de plus pour délivrer un vrai repas par jour aux bénéficiaires. C’est-à-dire des portions de 500 grammes, alors que pour l’instant ils reçoivent environ 350 grammes. Cela fait plusieurs années que la collecte tourne autour de 120 tonnes. C’est déjà pas mal. Mais il y a des marges. Si chaque habitant donnait 1 kilo, cela ferait 650 tonnes. Quand on sait qu’un Français gaspille 25 kilos d’aliments chaque année (chiffres Adème)… Chaque fois que l’on nous donne 1 €, on le transforme en 8 repas.



De quoi avez-vous besoin en particulier ?

Nous distribuons des flyers à l’entrée des magasins concernés. Chaque département a réalisé son flyer en fonction des besoins. Nous recherchons une alimentation de base : des conserves de plats cuisinés, des conserves de poissons (sardines à l’huile…), les ingrédients de base comme les pâtes, le riz, la farine, l’huile. Nous avons aussi besoin de produits d’hygiène de base, brosses à dents, dentifrices, savonnettes. S’il faut privilégier quelque chose, c’est la quantité. Nous sommes dans le besoin précaire de nourriture. Ce qui n’empêche pas que certaines personnes aient envie de faire plaisir avec des papillotes ou de petites pères Noël en chocolat. Mais ce n’est pas ce qu’il faut privilégier. Les denrées vont être distribuées sur toute l’année.



De combien de bénévoles avez-vous besoin ?

Pour la collecte, il nous manque une vingtaine de bénévoles, autour de Bourg-en-Bresse. Nous cherchons toujours des bénévoles pour le fonctionnement permanent de l’association, 4 ou 5 chauffeurs. Les départs et retours se font toujours à Bourg-en-Bresse. Sur l’année, nous fonctionnons avec 90 bénévoles et 3 salariés.



Quelle sera la mission de ces bénévoles pendant ces 2 jours ? Et pour quelle durée ?

La durée est à géométrie variable en fonction de leur disponibilité. Ils ont plusieurs missions : distribuer les flyers et répondre au minimum de questions que les gens se posent, et récupérer les denrées pour les mettre dans des caisses. D’autres bénévoles récupèrent ces caisses pour les rapporter à la Banque alimentaire. Nous recherchons des bénévoles pour collecter les aliments. Il nous faut des équipes de 3 personnes minimum. Au total, sur l’Ain, cela représente 1600 à 1700 bénévoles sur 2 jours.



Combien de sites sont visés ?

Tout le département est ciblé par cette collecte, soit environ 120 magasins. Des moyennes et grandes surfaces.



Qui peut devenir bénévole ?

Il suffit d’être majeur ou accompagné. De plus en plus d’écoles souhaitent faire des collectes à l’intérieur de l’établissement. Des lycées, dont celui des Sardières pour qui c’est devenu un rituel annuel, participent à la collecte dans les magasins.



Et pour ceux qui rateraient la collecte, comment se rattraper ?

Il est possible d’apporter des aliments à l’association près de chez vous ou directement à la Banque alimentaire. Les personnes qui ont un jardin et ont trop de salades, de carottes ou de tomates, peuvent les apporter. Tous les produits qui ne sont pas étiquetés peuvent être apportés. Ce que je dis toujours, c’est que les gens peuvent donner ce qu’eux-mêmes pourraient manger. Ce qu’ils ne mangeraient pas eux-mêmes ne doit pas être donné. Les dons en argent sont déductibles des impôts. À partir de 20 €, lorsque nous avons l’adresse de la personne, nous envoyons un certificat fiscal. Et si quelqu’un donne 10 € une fois qu’il est passé à la caisse du supermarché par exemple, nous demandons aux bénévoles d’aller chercher l’équivalent en produits alimentaires ou d’hygiène.



Propos recueillis par Caroline Guérin


Vendredi 25 et samedi 26 novembre, 33e collecte nationale des Banques alimentaires. Dans 120 moyennes et grandes surfaces du département. Banque alimentaire de l’Ain, 1 rue Suzanne Valadon à Bourg-en-Bresse. Rens. 04 74 32 24 74 – ba010.collecte@banquealimentaire.org

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