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• Mercredi 21 décembre 2016 à 17h45

Pétrek : « Jojo la Cloche, c’est une manière d’aborder la rue »

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    Et autour d'elle j'en verrai briller pleins des belles étoiles.

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    Les bouts de ficelles que j'ai piquer aux hirondelles.

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    Pétrek et Karimelmou.


L’artiste Pétrek publie Jojo la cloche, un livre pour petits et grands enfants, dont il a écrit les textes et dont les illustrations ont été réalisées par Karimelmou. Un livre poétique et tendre, fait à la main, et publié à 400 exemplaires. Entretien.


Qui est Jojo la cloche ?


C’était un personnage d’un texte que je racontais sur l’un de mes albums, L’air de rien, en 2003. Depuis longtemps, je voulais en faire autre chose. J’ai repris le personnage et réécrit un texte. On ne sait pas qui il est. Je n’ai voulu ne pas lui donner d’histoire et d’attache. Je propose aux enfants, aux familles, de lui donner une histoire. C’est un petit bonhomme que j’ai voulu sympathique. Il ne revendique pas. C’est une manière d’aborder la rue. On y met ce que l’on veut, pour que la discussion s’installe entre l’enfant et la famille.


Comment est né ce livre ?


C’est la rencontre avec l’éditeur… Il a un gros catalogue de livres de poésie, de littérature, littérature ancienne, lithographie, philosophie, livres rares… Des livres faits à la main.


Combien de temps faut-il pour fabriquer ce livre à la main ?


Une fois que tout est tiré, l’éditeur a une heure trente de travail à la main. Pour lui, ça part de l’idée que le livre est un objet que l’on n’osera jamais mettre à la poubelle. Le pari, c’est d’en faire un beau livre. Je ne pouvais qu’être touché par cette proposition. Chaque livre est unique. Il y a trois tissus principaux qui viennent d’Afrique. L’histoire est la même, mais il y a des différences. Chaque exemplaire est numéroté à la main. Il est tiré à 400 exemplaires. Quand ils seront écoulés, on partira sur une autre édition. Mais on ajoutera peut-être trois pages… On ne sait pas. C’est une aventure qui vit avec le bouquin. Daniel Besace est comme ça. C’est un mec assez rare !


Comment le livre a-t-il été perçu par les enfants ?


Les enfants adoptent Jojo d’emblée. J’ai voulu lui donner une grosse part d’empathie. Jojo, c’est le copain de Brel. Et la Cloche, ça vient de clochard. C’est une espèce de Jiminy Cricket. C’est une entrée pour parler de ces choses. Il montre sa douleur, sa fatigue, sa solitude. Et il y a un petit chat à côté de lui, sur presque toutes les pages. Il a trouvé cette présence dans cette détresse. Il est toujours dans l’adresse, dans l’échange, pas dans l’opposition. Mais à la fin du livre, il retourne quand même se coucher dans son carton.


La rue, ce n’est pas un sujet facile à aborder avec les enfants.


On est dans un monde hyper violent. On ne peut pas tricher avec ça. Les enfants y seront confrontés. Mais j’ai besoin de retrouver la poésie dans la pierre, dans la rugosité. Si, sur le trottoir, il y a un seul brin d’herbe qui résiste, c’est déjà une forêt. J’ai envie de ça. Ce personnage, c’est un brin d’herbe. Il est fragile, mais il se débrouille. Ça raconte aussi que l’on peut faire des choses avec peu.


Est-ce que l’on se pose la question de ne pas édulcorer le propos ?


Je me la pose, cette question. Il faut être sur le fil. Dans un dessin, par exemple, on voit le décalage entre Jojo et un homme qui passe dans la rue. À aucun moment il n’est totalement joyeux et à aucun moment il n’est totalement triste. Il y a un peu de moi dedans. Je suis un vrai pessimiste qui se soigne. Et le gars qui dessine est un clown. J’espère que l’on ressent ça dans le livre. Que l’on est tous faits de tout.


Justement, qui est l’illustrateur ?


Il s’agit de Karim Souini, il signe Karimelmou. C’est un jeune artiste qui vit entre Paris, Besançon et Montrevel-en-Bresse. Il est clown de formation. Et il est illustrateur. Il a de petits personnages, un clown que l’on retrouve sur des cartes postales, de petits bouquins… Cela fait longtemps que l’on a envie de travailler ensemble. J’aime beaucoup ses dessins, son inventivité.


Comment avez-vous travaillé ?


Il m’a fait une proposition. Le visage ne me convenait pas. Il l’a retravaillé en gardant le corps, et on s’est dit, c’est lui ! C’est dingue. Maintenant, il existe ! Il y a une profondeur dans son dessin et une simplicité dans le personnage. Ses dessins dépassent du cadre, et il le fallait. Car Jojo aussi dépasse du cadre. Et chaque dessin utilise une technique différente. Il y a du papier kraft, du calque… On peut toucher chaque page, il y a de la matière.


Dans ce livre on trouve aussi des poèmes, de quoi apprendre à dessiner Jojo, des chansons.


J’ai voulu un appendice à la fin du livre, pour que l’enfant puisse s’approprier le personnage, par la poésie, la chanson et qu’il puisse le dessiner. Et qu’il y ait cet échange avec l’adulte. C’est une page ouverte. Je n’ai aucune leçon à donner. Je suis aussi perdu, embarrassé que tout le monde. Là où je suis le plus efficace, c’est être un média de sentiments et d’émotions que je digère et que je retransmets.


Jojo deviendra-t-il un personnage récurrent ?


Je suis en train de travailler sur d’autres livres. Mais pas forcément avec Jojo. Peut-être qu’il y aura d’autres personnages. Avec le même éditeur et le même illustrateur.


Le livre compte plusieurs chansons. Pourrait-il y avoir un album autour de cette histoire ?


Une médiathèque à Lyon a acheté le bouquin et m’a dit qu’ils souhaiteraient qu’il y ait un spectacle. Peut-être qu’il y aura quelque chose. L’éditeur m’avait parlé d’un disque avec le livre. Je n’en voulais pas, c’est une autre aventure.


À la fin du livre on trouve un extrait de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme… C’était important ?


Oui. Car c’est l’ouverture finale. Je voulais que cela interroge. Ça n’est pas anodin. Il en est là, mais est-ce bien normal ? Je ne donne pas de réponse. Après, aux gens de se démerder avec ça ! Ça fait partie des outils que les parents peuvent utiliser avec les enfants, et que les enfants peuvent utiliser plus tard…





Propos recueillis
par Caroline Guérin


Jojo la Cloche, textes Pétrek et illustrations Karimelmou. Édité par Carnet-Livres. Octobre 2016. 22 € TTC.

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