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• Jeudi 5 janvier 2017 à 11h00

Marie Madeleine, la passion révélée à Brou

Guido Reni, Sainte Madeleine en prière, XVIIe siècle. Huile sur toile, musée des Beaux-Arts de Quimper.

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    Guido Reni, Sainte Madeleine en prière, XVIIe siècle. Huile sur toile, musée des Beaux-Arts de Quimper.

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    Ulm, Souabe, Marie Madeleine élevée au ciel par les anges vers 1470-1480. Allemagne, Suermondt-Ludwig-Museum.

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    Franz-Christoph Janneck (Graz, 1703 - Vienne, 1761), La Résurrection de Lazare, vers 1750. Huile sur cuivre, Tours, musée des Beaux-Arts.

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    Gustav Adolf Mossa (Nice 1883-1971). Mary de Magdala, 1907. Nice, musée des Beaux-Arts. © Muriel Anssens

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    Collaborateur d'Antoine Ronzen. La prédication de Marie Madeleine, vers 1513. Musée de Cluny, musée national du Moyen-Âge, exposée à Marseille, musée du vieux Marseille.

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    Entourage de Jan Borman (actif à Bruxelles entre 1479 et 1520), Sainte Marie Madeleine (vers 1500). Bruxelles, musées royaux d'Art et d'Histoire. © MRAH-KMLKG


Rodin, Delacroix, Puvis de Chavannes, Guido Reni, Ernest Pignon-Ernest, Scheffer, Henner, Maurice Denis, Monfreid, Simon Vouet, Carrache… Ils font partie des nombreux artistes qui ont été inspirés par l’histoire de Marie Madeleine et dont les œuvres sont montrées au monastère royal de Brou dans le cadre de l’exposition intitulée Marie Madeleine, la passion révélée.


Plus de 100 œuvres sont exposées. Des pièces très variées, objets d’art, manuscrits enluminés, sculptures, œuvres sur papier, peintures. Cette rétrospective « exceptionnelle et ambitieuse », insiste Magali Briat-Philippe, conservatrice du patrimoine, responsable du service des patrimoines du Monastère royal de Brou et co-commissaire de l’exposition, a pu être réalisée grâce au partenariat du monastère avec le Musée de la Chartreuse à Douai et celui des Beaux-Arts de Carcassonne.


Cette exposition, qui a vocation à être présentée dans les autres sites qui en sont à l’origine, est aussi la première en France à aborder le thème de Marie Madeleine dans l’art, du Moyen-Âge à aujourd’hui.


« D’Ève à Marie »


Depuis le Moyen-Âge, car c’est l’époque à partir de laquelle Marie Madeleine apparaît comme sujet artistique en soi. Elle était, jusqu’au XIIIe siècle, représentée uniquement dans les scènes de la Passion. L’exposition aborde une période très vaste qui permet de mettre en exergue la diversité des représentations qui ont été faites de ce personnage dans la Bible et de ce qu’elle a suscité chez les artistes. Car cette femme évoquée à plusieurs reprises dans la Bible, sous différents noms, symbolise toutes les femmes. Et la représentation de ce personnage, mythique et mystérieux, évolue au fil des siècles. Il ne s’agit pas d’une exposition d’art religieux, mais de Beaux-Arts. Elle s’articule en huit parties. Elle évoque l’émergence du culte de Marie Madeleine ; Marie Madeleine courtisane et myrrophore (porteuse de myrrhe) ; sa « légende dorée » avec Le repas chez Simon ; la Résurrection de Lazare ; les cycles de la Passion ; Noli me tangere (qui signifie Ne me touche pas ou Ne me retiens pas) ; Madeleine au désert, les figures de la repentante ; Marie Madeleine aujourd’hui.


Pécheresse, repentante, femme ayant vécu dans l’opulence et ascète, femme du monde, ermite. Marie Madeleine est tout cela à la fois. La rétrospective montre aussi son érotisation, au XVIIe et au XIXe siècle. Elle est une sainte particulièrement populaire. « Elle est entre Ève (cause de toutes les fautes) et Marie la Vierge », explique Pierre-Gilles Girault, administrateur du Monastère royal de Brou et co-commissaire de l’exposition. Elle est un modèle auquel il est plus facile de s’identifier, c’est ce qui a fait son succès. Très proche de Jésus (voir ci-contre), elle était aussi parmi ceux qui ont vécu les derniers moments importants de sa vie. Le culte de Marie Madeleine particulièrement important au Moyen-Âge, connaît un renouveau au XIXe siècle. Aujourd’hui encore, la sainte inspire de nombreux artistes. Le Monastère propose également un autre parcours qui met en lumière la dévotion de Marguerite d’Autriche pour la sainte. Elle est présente dans la statuaire, sur les vitraux de l’église, et dans les collections permanentes du musée.


> Marie Madeleine, la passion révélée. Jusqu’au 5 février, au monastère royal de Brou. Tél. 04 74 22 83 83 – brou@bourgenbresse.fr – www.monastere-de-brou.fr


Caroline Guérin


Marie Madeleine, femme multiple et disciple de Jésus


Marie Madeleine apparaît à de nombreuses reprises dans la Bible (13 fois dans les 4 évangiles). Dans l’Évangile de Luc, elle est une femme guérie d’une maladie grave. Un mal qui pourrait être physique ou moral. Décrite comme une femme élégante, elle pourrait être une princesse. Mais ailleurs, on parle d’elle comme d’une pécheresse, elle pourrait alors symboliser la femme adultère, la prostituée. Ce serait Marie Madeleine encore, qui, dans l’épisode intitulé Le repas chez Simon, se jette aux pieds du Christ avec du parfum. Elle peut être liée également au personnage de Marie de Béthanie, sœur de Marthe et Lazare. Lorsque Jésus ressuscite ce dernier, un repas est organisé en son honneur. Un repas au cours duquel elle verse du parfum sur les pieds de Jésus. Ce geste préfigure selon le Christ ceux qui seront effectués au moment de son ensevelissement. Après la mort de Jésus, Marie Madeleine le rencontre dans le jardin. Elle ne le reconnaît pas tout de suite. Lorsqu’elle le reconnaît enfin et s’approche de lui, il lui déclare : « Noli me tangere », ce que l’on pourrait traduire par « Ne me touche pas » ou « Ne me retiens pas ». Un lien très fort unit Marie Madeleine et Jésus. Elle est avec les femmes qui ont découvert le tombeau vide. C’est d’ailleurs à elle qu’il donne la mission d’aller annoncer sa résurrection. Pour certains, même si ce n’est pas la version officielle de l’Église, elle aurait été l’épouse du Christ.

Si elle symbolise la richesse et l’élégance, elle représente aussi le dénuement. Aristocrate qui aurait sombré dans la débauche par orgueil et aurait été sauvée par le Christ, elle s’est rachetée par une vie de pénitence. Elle a choisi de se retirer et de vivre les 30 dernières années de sa vie dans la solitude, avant de connaître l’Assomption.

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