Actualités

• Lundi 9 janvier 2017 à 8h00

Gens de Bourk - Maurice Jacquet, l’insoumis

Maurice Jacquet, l'homme aux pancartes...

  • Illustration actu Grande illustration actu

    Maurice Jacquet, l'homme aux pancartes...

L’homme aux pancartes accrochées dans le dos qu’on aperçoit dans toutes les manifestations à Bourg-en-Bresse, a lu le « Meilleur des mondes » de Huxley, quand il avait 17 ans. Maurice Jacquet est né en 1943 à La Tronche dans l’Isère. Il a passé son enfance et son adolescence à la campagne. En plus de l’école, les vaches, les ruches et le bricolage l’occupent.

« Quand tu es à la campagne, il faut résoudre les problèmes, j’ai toujours cherché à comprendre ce qui se passait ». Vrai bricoleur, à 11 ans, il démonte et remonte la machine à coudre de sa mère, « quand je vois des choses qui ne marchent pas, j’ai envie d’intervenir et je n’ai pas le temps de gamberger, c’est ma philosophie ». Pendant les vacances, il gagne un peu d’argent en étant cantonnier ou facteur. Jamais inactif. En 1962, il a sa licence de radioamateur, « j’ai fait électronique parce que mon grand-père avait un poste à galène que je bricolais ». En 1963, Maurice Jacquet obtient son brevet de technicien supérieur en électronique. Son service militaire effectué comme radio, il entre en 1965 chez « Merlin et Gerin » en tant que technicien en électronique nucléaire. C’est en 1968, il n’est pas le seul, que le col blanc entre en engagement, comme syndicaliste à la CFDT, « la grande, la vraie, celle de l’autogestion, de Lip ».

À cette époque les partis politiques ne l’intéressent pas et en 1981, « pendant que certains criaient « on a gagné ! », je faisais la gueule ». À ses yeux, déjà, ce ne sont pas les « messies politiques » qui allaient changer la société, mais le collectif. De 1983 à sa retraite en 2003, Maurice entre comme technicien au Centre Audio Visuel à Grenoble. Des années où l’homme qui a de l’or au bout de ses doigts s’en donne à cœur joie en partageant ses connaissances techniques. Il parle de cette période avec chaleur, en citant son aide à la réalisation de « Educable » semaine expérimentale d’utilisation du câble dans les écoles et de « Cap Canal », chaîne éducative locale sur le câble Grenoble-Meylan.

« Je connais trop de choses pour rester dans mes bottes », cette phrase qui peut paraître prétentieuse est simplement empreinte de lucidité et s’applique à la fois au travailleur et au militant.



2011… Bourg-en-Bresse



Maurice Jacquet qui depuis les années 1960 n’a de cesse de participer aux structures collectives, associatives ou syndicales, a continué tout naturellement ses démarches engagées en arrivant dans l’Ain, suite à l’affectation professionnelle de sa compagne.

Sa passion humaniste intacte malgré des désillusions, il découvre à Bourg, le collectif Roosevelt créé en 2012 par Stéphane Hessel, dont il devient le référent pour l’Ain, c’est aussi ATTAC 01, et tous les partis qui se situent en gros « à gauche de la gauche », mais en se posant toujours cette question, « comment nous unir pour lutter contre nos exploiteurs » et en ne cachant pas sa déception face aux collectifs et associations qui veulent changer la société « pour la rendre plus humaine, mais chacun restant dans son pré carré ».



Le soutien aux migrants



La grande affaire de « l’électron libre engagé », depuis un certain temps c’est l’aide apportée aux demandeurs d’asile. « Depuis l’occupation des garages, j’ai découvert une réalité qu’on nous cache, j’ai entendu des histoires ahurissantes, au Kosovo, en Albanie c’est la mafia qui fait la pluie et le beau temps, en France c’est la mafia financière ». Dans ce combat, il semble avoir un peu trouvé ou retrouvé ce collectif après lequel il court, « un collectif ce n’est pas l’embrigadement, chacun intervient avec ses compétences ». Maurice le technicien a installé des panneaux scolaires sur les hangars d’Emmaüs pour conserver les denrées alimentaires, « 2 congélateurs ont fonctionné ». Son camping-car a également servi d’hébergement. Et l’homme rêve d’équiper son véhicule d’un grand écran « pour diffuser des films courts que seule une minorité voit sur internet ». Certains, dans son camp, lui reproche son activisme, mais avec son grand sourire il répond, « quand je vois que rien ne se fait, je fais ».

C’est en 2013 que celui qui est resté pendant des années à l’écart des politiques, adhère au Parti de Gauche et qu’il fait campagne avec toujours autant d’énergie, pour changer le système, « je ne fais pas campagne pour un homme, mais je partage les idées qu’il défend ». Et devant notre insistance, il cite le nom de Mélenchon. Maurice Jacquet et ses pancartes qu’il sort lors de manifestations mais aussi quand il est seul sur le marché des Vennes le dimanche matin, a ancré, en lui, cette phrase d’Einstein, « Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire ».

Georges Ravat

VN:F [1.8.4_1055]

Notez cet article

Partagez

... échangez, publiez cet article sur les sites où vous avez un compte personnel.

1 commentaire

Réagir à cet article

Vos commentaires

  • Carnet

    Mon carnet du jour - Décès, naissances, mariages et publications

  • La Boutique

    La boutique Voix de l'Ain
  • Voyage en Normandie

  • Formation 2017

  • Annonces de matchs USB

  • Stage oenologie

    Stage oenologie
  • Places JL Bourg

  • L’Aindex

    L'Aindex
  • Blog VA

    Les blogs Voix de l'Ain
  • Blog Nicolas Bernard

    Blog de Nicolas Bernard
  • Facebook

    Facebook Voix de l'Ain
  • Twitter

    Twitter Voix de l'Ain
  • Seniors

  • Maison Rêvée 2016

    Maisons rêvée 2016
  • Nos partenaires