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• Mardi 14 février 2017 à 8h45

Le Bressan Luc Jacquet sort cette semaine « L’Empereur » ou Comment devenir grand

Luc Jacquet était à Mâcon pour présenter son film en avant première.

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    Luc Jacquet était à Mâcon pour présenter son film en avant première.

Douze ans après « La Marche de l’empereur » (qui a obtenu moult prix et récompenses diverses, dont l’Oscar du meilleur documentaire), Luc Jaquet, natif de l’Ain, est retourné en Antarctique.

Il en est revenu avec un deuxième film sur cette espèce si particulière et si attachante qui le fascine toujours, l’obsède et l’émerveille : les manchots empereurs.


Le réalisateur était au Cinémarivaux, à Mâcon, pour présenter en première avant-première son long-métrage « L’Empereur », dans toutes les salles depuis le 15 février.


Devenir grand…


L’histoire suit le destin d’un jeune manchot empereur, de l’éclosion de l’œuf, en plein hiver austral (une moyenne de moins 40 °C, des vents soufflant à 200 km/h), jusqu’à son entrée dans la vie adulte. Une histoire incroyable et vraie, qui se déroule en Antarctique, dans l’un des endroits les plus froids, les plus inhospitaliers de la planète. Comment fait-on pour survivre et grandir dans cet univers impitoyable, étincelant de glace et de beauté, là où, après l’empereur, plus rien de vivant, pas la moindre bactérie ne peut exister ? Chez le jeune poussin, où se situe la frontière entre l’inné et l’acquis ?


Luc Jacquet montre le rôle essentiel des parents. Pour les besoins vitaux du nourrisson (alimentation, protection du froid), mais aussi dans l’apprentissage et l’éducation.

La caméra s’immisce au sein de la manchotière, là où la colonie (7 000 individus) a élu domicile pour les longs mois d’hiver. Et l’on se retrouve dans l’intimité des manchots empereurs, partageant leurs us et coutumes, jusqu’au jour où la métamorphose de l’oisillon en adulte s’achève. Alors, répondant à l’appel mystérieux du grand large, il va partir avec ses semblables pour le grand saut dans l’inconnu, l’Océan, sa seconde patrie qu’il va découvrir pour la première fois.


« J’ai vécu ce grand moment où ils se sont jetés à l’eau »


« J’ai vécu ce grand moment où ils se sont jetés à l’eau », raconte Luc Jacquet. « Je les avais suivis pendant trois jours sur des kilomètres. Je ne les ai pas quittés des yeux, progressant à leur rythme. Ils s’arrêtaient, je m’arrêtais, ils repartaient, je repartais. J’ai avancé avec eux jusqu’à l’eau. Pour la première fois j’allais assister au grand plongeon des poussins empereurs. » Cet instant crucial le bouleverse encore.


« L’empereur est l’animal le plus facile à filmer au monde. Curieux, familier, jamais agressif, c’est l’une des rares espèces sauvages qui n’a pas peur de l’homme. Si vous n’allez pas à lui, c’est lui qui vient à vous, il vous touche, vous inspecte, essaie même de communiquer… »

Son apparence et sa façon de se tenir debout lui prêtent une silhouette humaine. Vu de dos, la ressemblance est troublante, reconnaît le cinéaste.


Le continent blanc


En filigrane, le film est porteur de message. L’Antarctique est une « région étrange », « une réserve naturelle consacrée à la paix et à la science », qui double de superficie en hiver avec la formation de la banquise. La calotte de glace qui le recouvre en permanence représente 80 % des stocks d’eau douce du globe. Cette contrée aux paysages éblouissants à la fois immuables et éphémères, sans cesse refaçonnés par les vents et les tempêtes, hostile à toute forme de vie, accueille pourtant une espèce singulière : le manchot empereur, à l’aise dans le désert de glace comme à six cents mètres sous l’eau. Dégagé de tout superflu, c’est un concentré de technologies animales.

« Au fil de son évolution, l’empereur a créé une forme d’excellence qui lui permet de survivre là où aucun vivant n’y parvient », note Luc Jacquet. Pourtant, cette excellence forgée au cours des millénaires est menacée, fragilisée par des changements environnementaux dus à l’activité humaine à l’autre bout du monde. Le réalisateur met en garde : « Le moindre bouleversement dans le climat va impacter cette mécanique bien agencée. Il suffit d’un petit écart pour que tout s’effondre. Pour la première fois depuis des siècles, il pleut en Antarctique, mettant en danger les poussins empereurs dont le duvet n’est pas étanche les premiers mois. Mouillés, ils meurent gelés. Et depuis peu, de la végétation apparaît, bouleversant l’écosystème… Alors si “L’Empereur” peut aider à ouvrir les yeux, je serai le plus heureux des hommes. »


« L’Empereur », de Luc Jacquet. En prime, le film offre une première mondiale : des vues inédites, prises à 70 m sous la couverture de glace par une équipe de plongeurs photographes spécialisés qui ont évolué dans une eau à moins 1,8° et ont découvert un jardin sous-marin extraordinaire, coloré, abritant une biodiversité insoupçonnée.



R. A, CLP



La bande annonce


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