Dans la mission qui lui a été confiée, l’aumônerie hospitalière catholique accompagne aussi des personnes en fin de vie et leurs proches. Elle le fait à leur demande : demande exprimée directement ou par l’entourage ou par l’intermédiaire des équipes soignantes. Elle le fait dans le respect des convictions et croyances des patients, et avec pour certitude que chacun est unique et aimé tel qu’il est. Face au désarroi, à l’incompréhension, à la souffrance, à la révolte légitime à ce moment de la vie, ses membres offrent une écoute, une présence parfois silencieuse et une parole fraternelle qui visent à aider la pacification parfois la réconciliation. Ils facilitent aussi le dialogue avec les soignants. La confidentialité s’impose à ses membres.
Service géré par l’hôpital en accord avec les instances religieuses, ce service assure un accompagnement spirituel et humain auprès de toute personne bousculée par la maladie, qui désire être écoutée et soutenue, qui se pose la question du sens de ce qu’elle vit. Ses membres répondent également aux attentes religieuses (prière, sacrement, bénédiction, information sur les rites funéraires et démarches). Consciente de la pluralité religieuse, l’aumônerie catholique assure le lien avec les responsables des autres cultes (église protestante, islam, judaïsme).
Elle intervient à Fleyriat, à l’hôtel Dieu et à la résidence Pélicand.
Une équipe
L’équipe est composée d’un prêtre, le père Michel Monterrat. De quatre laïcs aumôniers : Pascale Poncin, Cécile Brasseur, Brigitte Probel, Roseline De Romémont. D’une dizaine de bénévoles qui assurent les visites sur les trois sites ci-dessus nommés. Tous bénéficient d’une formation continue et exercent leur mission au nom de leur foi en Jésus-Christ.
Chaque établissement dispose d’un lieu de culte. Un service religieux est assuré le mardi à 10 h 30 à la résidence Émile Pélicand, le jeudi à 15 h 30 à l’hôtel Dieu, le vendredi à 11 h 15 à Fleyriat. Ces célébrations sont ouvertes aux proches et permettent de créer des liens.
À Fleyriat une permanence d’accueil est assurée du lundi au vendredi de 13 h 30 à 14 h 30. Une présence est assurée du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h : pendant ces horaires, l’équipe est joignable à tout moment par le standard ou en laissant un message sur le poste 78 53. En dehors de ces horaires l’équipe est joignable pour les urgences via le standard jusqu’à 20 h (17 h le samedi et le dimanche). Les appels de nuit sont enregistrés et une réponse apportée au plus tôt.
Chantal Lajus
ILS TEMOIGNENT
Brigitte : « Je constate chez les personnes que je visite un grand besoin de parler et d’être écoutées telles qu’elles sont. Je perçois aussi, même lorsqu’elles sont dépendantes, qu’elles sont âgées, une volonté de vivre. »
Pascale : « Les rencontres sont empreintes d’une vraie authenticité. Il n’y a pas d’enjeux affectifs. Nous proposons une écoute qui peut tout entendre : leurs doutes, leurs interrogations par rapport à leur foi, qu’ils trouvent la situation injuste, inacceptable… et même qu’ils ont envie de mourir. Mais il n’est pas rare que la personne nous dise merci… parler cela m’a fait du bien ! On ouvre ensemble une page blanche. Nous ne jugeons pas. »
Roseline : « Une personne hospitalisée perd beaucoup de repères. Le rythme n’est plus le même qu’à la maison, elle n’est plus maître de son temps. Elle a le temps de réfléchir, de l’angoisse… besoin parfois d’être rassurée. Elle attend d’être respectée pour ce qu’elle est. Quand la confiance a pu s’établir, ce qui me frappe c’est le besoin qu’elle exprime de relire sa vie et en même temps son goût pour la vie. »
Michel : « Je suis là plus pour être que pour faire. J’ai la chance de vivre ce temps de rencontre comme le mystère pascal. Je vois la souffrance du Christ, sa révolte, ses questionnements, le silence du Samedi saint. Je n’ai pas de réponse. Je suis là avec la personne et sa famille. Il est important de signifier que la personne n’est pas réduite à ce qu’elle est maintenant, qu’elle a eu une vie avant… une vie souvent très riche. Je fais aussi l’expérience de la résurrection…
Mon travail est ponctuel : ce qui se passe après, je l’ignore. C’est un peu comme quand vous prenez un auto-stoppeur. Vous l’accompagnez un bout de chemin… il est rare de savoir ce qu’il devient !” »
Cécile : « Quand j’entre dans une chambre, parfois la voisine de la personne qui a sollicité la visite est interpellée par la conversation. Le dialogue s’instaure de façon inattendue. Ma propre foi la questionne… Plus que d’éventuels conseils, c’est notre témoignage aimant, c’est de voir notre foi en ce Dieu qui nous aime chacun, qui aide la personne à faire son propre chemin. Le malade est une personne jusqu’au dernier souffle. »
