“La politique ne se fait pas à la corbeille” clamait le Général de Gaulle pour parler de la bourse qui, selon lui, ne devait pas dicter leur conduite aux Etats. L’idée qu’il se faisait de la France lui interdisait d’imaginer qu’un jour, nous aurions creusé un trou dont nous ne pouvons nous figurer l’exacte profondeur, après trente années de budgets déficitaires. C’est encore lui qui nous parlait de “souveraineté nationale”, c’est-à-dire de l’indépendance d’un pays qui veut rester maître de ses décisions. On sait chaque jour un peu mieux ce qu’il en est advenu de cette souveraineté largement abandonnée aux investisseurs internationaux en échange de leurs prêts pour financer notre train de vie ! Mais aujourd’hui, la “récréation” est finie ! En plein mois d’août, voici que les maîtres de la finance internationale sifflent la fin des réjouissances après plusieurs avertissements. Les persepctives de croissance économique redeviennent plus sombres alors que c’est sur elles que comptaient les gouvernements pour rétablir les finances publiques. Du coup, si les recettes fond défaut, nos bailleurs veulent que l’on taille dans le dur, nos dépenses. Tout le monde a compris qu’il va falloir désormais réduire et rembourser nos dettes, gérer enfin en bons pères de famille, et faire la preuve de notre détermination à respecter cet objectif. Les fameuses agences de notation que le grand public ne connait pas et dont les dirigeants ne rendent de compte à personne sinon à leurs clients investisseurs (nos prêteurs “anonymes”) sont devenues les nouveaux “maîtres” du monde. Elles jugent de notre capacité à honorer nos dettes et quand le leader de la classe internationale, les Etats-Unis, pays pourtant réputé incollable, écope d’une mauvaise note jusqu’ici improbable, c’est toute la classe qui tousse et craint le prochain bulletin…
« Ils » (nos prêteurs) n’ont plus confiance en nos belles promesses. On l’a vu cette semaine, le discours du Président Obama n’a eu aucun effet sur la bourse le jour où il s’est exprimé. Il n’est hélas pas besoin d’en dire plus pour mesurer la dévaluation de la parole politique, fût-elle prononcée par l’homme réputé le plus puissant de la planète. C’est la banque centrale américaine qui a réussi à calmer les marchés, pas le dirigeant démocratiquement élu ! Si l’on veut préserver la démocratie et redonner le pouvoir aux représentants des peuples, il va falloir se retrousser les manches. Mais nous allons y arriver ! Parce qu’on n’a pas le choix et qu’on n’agit jamais aussi efficacement que sous la contrainte !
De ce redressement indispensable, il faut en faire une ambition. Une belle ambition collective. Retrouver les moyens de son indépendance, ce n’est pas seulement un programme douloureux, d’efforts et de larmes qui doivent être équitablement répartis en fonction des moyens de chacun. C’est d’abord un objectif politique noble, qui peut mobiliser les forces vives parce qu’il dessine un avenir démocratique.
“Les grands pays le sont pour l’avoir voulu” disait encore le Général de Gaulle