JMJistes et fiers de l’être

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Cinq jours après que les jeunes du monde entier ont quitté Madrid et les Journées Mondiales de la Jeunesse, on perçoit encore les échos sonores de leurs applaudissements au passage de la papamobile et aux propos du Pape. Les images de cette foule colorée se bousculent, qui exprimaient une ambiance de liesse, d’amitié, de confiance et de bonheur. Benoît XVI n’a pas raté son rendez-vous de Madrid avec la jeunesse du monde entier. S’il a pu, en 2005 au début de son pontificat et au moment des JMJ de Cologne, s’interroger sur la poursuite de ces rencontres, tant la succession de Jean-Paul II paraissait difficile, on a senti cette année que le vieux Pape a pris un réel plaisir à être avec ce million et demi de jeunes pèlerins qui ne lui ont ménagé ni leur enthousiasme ni même leur tendresse ! Impossible pour lui et l’Église de ne pas mesurer la chance que représentent ces JMJ. Avec cette jeunesse tumultueuse venue de tous les continents et de plus de 190 pays ( !), l’Église n’est peut-être jamais aussi « catholique » (« pour le tout et pour tous ») que quand elle est ainsi rassemblée en JMJ, multiraciale, multiculturelle, jeune et joyeuse (il ne manque que la dimension intergénérationnelle !) ; les JMJ renouvellent de façon surprenante et paradoxale l’image souvent caricaturée de l’Église même si les réalités ordinaires des communautés paroissiales souvent vieillissantes et tristes révèlent une autre facette plus ordinaire.
Comment une institution aussi décriée, dépeinte comme ringarde et dépassée, peut-elle réussir à rassembler autant de jeunes en un même lieu et dans un tel climat de paix et de fraternité (aucune vitrine brisée ni agression par les JMJistes !) ? Peut-être a-t-elle, l’Église, ce génie inné de la jeunesse à laquelle elle s’intéresse au fond depuis toujours. Il n’y a qu’à relire dans l’histoire, les initiatives de tous ces prêtres, religieux et religieuses qui ont été les premiers à se préoccuper de l’éducation des enfants ! Avec un discours qui les respecte, qui leur offre un chemin de liberté et qui leur fait confiance, l’Église propose aux jeunes de donner du sens à leur vie. Dans une enquête menée par l’hebdomadaire La Vie, les jeunes Français qui ont participé aux JMJ adhèrent très majoritairement aux conceptions de l’Église sur les questions sociales, de défense de la vie ou de bioéthique. Même sur les questions de morale sexuelle, ils sont encore 58 % à l’approuver. C’est ce que le directeur de la rédaction du magazine appelle « la génération cathoplus » pour laquelle, « dans le catholicisme, tout est bon ! ».
Il faut dire que la majorité de ces JMJistes est plutôt issue de milieux socialement privilégiés, toujours d’après l’enquête de La Vie. Clairement fils et filles de l’Église, ces jeunes catholiques sont fiers de l’être, même s’ils refusent le repli identitaire. Ce sont manifestement eux qui constituent les bataillons des catholiques de demain quand ce n’est pas déjà d’aujourd’hui. Reste un défi de taille pour eux et pour l’Église : proposer l’évangile à tous avec une priorité aux pauvres. « L’homme doit être au centre de l’économie » a encore rappelé Benoît XVI à Madrid.

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