Pas besoin d’être ni un grand sportif, ni un supporter, ni même un amateur ordinaire des grandes compétitions de foot, pour pronostiquer la victoire en ligue 1 du PSG… Victoire en 2012 sans doute et pour plusieurs années à suivre ! Grâce aux pétro dollars Qataris, rien ni personne ne résiste plus au club qui attire les Beckham et autre Ancelotti à coups de salaires faramineux comme la confiture …les guêpes ! On a longtemps railler les clubs français incapables de briller vraiment au palmarès des grandes compétitions internationales. On verra bientôt le changement puisque les victoires s’achètent non pas comme les arbitres mais à force de recrutements onéreux. Il faut y mettre le prix, et quel prix !
ce sport business fait bien tousser ici où là, mais les supporters du PSG préfèrent le succès aux défaites et il y a fort à parier que l’opinion publique se fera vite une raison en applaudissant au palmarès, argurant qu’il nous faut les meilleurs si on veut réussir… Et en politique ou dans les grandes entreprises qui créent des emplois, on n’a pas besoin des meilleurs ? Dire qu’on fustige souvent les salaires ridiculement bas en comparaison des footballeurs, de nos hommes politiques ou autres grands patrons. Aucun abus n’est en ce domaine tolérable mais de fait, dans l’économie comme dans la vie politique, on a aussi besoin des meilleurs qui décident aussi de notre avenir. Et aujourd’hui, les meilleurs, il ne sont bien souvent ni dans l’industrie ni en politique mais dans la finance internationale ! Tant pis pour nous qui préfèrons le foot business et autres spectacles !
Chaque fois que les Français vont mal, le Front National se porte à merveille ! Non pas qu’il ait un programme connu et crédible (ses mesures économiques et sociales sont effrayantes !) mais comme il n’a jamais été aux manettes, et que les partis au pouvoir se heurtent toujours aux réalités intangibles, le Front National est la dernière cartouche que tirent de nombreux électeurs… D’autant que les amis de Marine Le Pen tiennent sur les questions de l’immigration, de la laïcité, et de la sécurité, des discours dans lesquels beaucoup se reconnaissent ! Le problème des flux migratoires, la crainte d’un Islam qui occupe un espace public croissant (“croissant” sans jeu de mots !), le communautarisme qui menace l’unité nationale, la ghétoïsation des quartiers urbains, sans compter toutes les difficultés économico-sociales, autant de sujets qui nourissent les conversations et alimentent tous les fantasmes. Mais attention, il ne faut surtout pas en parler ! C’est en tout cas ce que pensent les médias nationaux parisiens et la plupart des leaders politiques. Parce qu’il ne faut pas donner l’impression de courir derrière le Front National ! Quand le ministre de l’intérieur dit “les Français ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux à cause de l’”immigration incontrôlée”, c’est forcément un crime ! C’est pourtant un discours d’une banalité totale. Certes, les politiques ne doivent pas se contenter de dénoncer, souligner, constater et attiser les peurs. Ils sont élus pour agir et proposer des solutions.
Le fameux débat sur l’identité nationale mené par le gouvernement en 2009, le prochain hypothétique débat sur le laïcité qui doit organiser l’UMP ont sans doute été mal amenés et organisés. Mais comment se fait-il que des questions justes et légitimes reçoivent a priori des fins de non-recevoir de la majorité de la caste politico-médiatique ? Pourquoi est-il si difficile voire impossible de débattre en toute sérénité et lucidité de sujets sensibles ? Notre démocratie serait-elle à ce point fragile qu’elle s’interdise d’aborder publiquement des questions sensibles ?Comment s’étonner que le Front National prospère à ce point si on ne veut pas aborder les questions qui hantent les esprits des électeurs qui ne sont pas tous de dangereux fachos ?
Julien Dray, député PS de l’Essonne le reconnaissait lui-même ce 30 mars sur RTL : “”Le PS n’aborde pas assez les vraies questions comme la maîtrise des flux migratoires, qui taraudent la société française. Elle a le sentiment d’une sorte d’invasion rampante. Il doit aborder également frontalement la question de la ghettoïsation ethnique de la société, qui n’est pas abordée. Les dirigeants ont peur d’ouvrir ces débats”.
C’est vrai, les partis de gouvernement ne veulent pas, ne savent pas se saisir des problèmes de la population. D’où l’abstention et le vote protestataire qui lui, a au moins le mérite de respecter les règles de la démocratie.
Suis-je naïf quand je rêve que les principaux courants politiques, conscients de l’urgence sociale et politique, se sachant tous appelés à être tour à tour en responsabilités dans l’avenir, acceptent d’identifier les questions et de débattre enfin des solutions qu’ils proposent ? Sans tabou ni peur de leur ombre ! Et dans le respect des valeurs qui nous rassemblent.
Le premier tour des cantonales consacre ce que disent les sondages depuis plusieurs mois : le front national a le vent en poupe et il vient de marquer des points dans les urnes. Avec des candidats inconnus (dans l’Ain par exemple, ils se sont déclarés au dernier moment après les démissions des caciques du parti dans le département…) qui n’ont même pas fait campagne ni répondu aux appels de la presse (!), ils obtiennent des scores impressionnants. C’est la vague “bleu Marine” annoncée. C’est le populisme qui l’emporte, le malaise qui s’exprime, l’envie de faire sauter le gourbi, comme d’habitude ! Droite et gauche républicaines n’ont ni l’une ni l’autre de raison de s’en réjouir. “Les gens” (comme on dit) s’inquiètent pour leur avenir et celui de leurs enfants, ne se sentent pas en sécurité, ont peur de ce monde qui bouge dans tous les sens du terme… Au mieux, ils s’abstiennent. Au pire, ils votent Front National, comme on pousse un coup de gueule.
L’UMP subit les résultats annoncés et a du souci à se faire pour 2012. Mais le PS aurait tort de crier victoire. Dans l’opposition nationale depuis 9 ans, on ne sent pas un appétit pour la gauche. Elle est à son niveau antérieur et ne présente pas le visage d’une alternance crédible aux yeux des électeurs… Son mariage forcé avec les écologistes s’annonce compliqué. La vie commune est déjà quasi impossible dans les conseils régionaux et les présidentielles vont faire ressurgir de divisions et des rivalités importantes sur des sujets essentiels comme le nucléaire par exemple !
Mais l’absention fausse aussi l’analyse des résultats. Une quasi “non” campagne électorale dans un canton français sur deux seulement (ce qui ne facilite pas la mobilisation), pour un scrutin provisoire (en 2014, on rebat les cartes avec l’élection dans toute la France des nouveaux conseillers territoriaux), avec des cantonales cette année “adossées” ni aux élections municipales (comme en 2008), ni aux élections régionales (comme en 2004), une situation internationale tendue et angoissante, autant d’éléments qui n’ont pas permis de pousser les électeurs vers les urnes. Même si on n’en finira jamais de considérer que les électeurs français sont des enfants gâtés de la démocratie et qui mordent la main qui leur permet de vivre dans l’un des pays les plus “confortables” au monde !!! En tout cas, on ne regrettera pas ces cantonales qui étaient donc les dernières du genre !
Désormais la campagne 2012 va commencer dans un climat international inédit. Bien malin celui qui pourrait, à partir de ces cantonales, prédire les résultats de l’année prochaine !
Le film de Xavier Beauvois, « des hommes et des Dieux » a remporté un succès inespéré ! Près de 3 millions de spectateurs pour un long métrage qui n’a pourtant rien de divertissant… Quelques moines catholiques victimes de la violence islamiste des années 90 en Algérie, pour avoir voulu rester fidèles à leur vocation et au peuple qu’ils aimaient.
Le groupe armé qui les assassinera en mai 1996, les avait déjà menacés quelques mois avant l’enlèvement fatal. C’était une nuit, semblable à toutes les autres pour les terroristes. Unique et sainte pour les Cisterciens qui fêtaient Noël ce 24 décembre 1995. Au moment où le chef du groupe armé renonce à ses menaces et ordonne le repli, le Père Christian qu’incarne à l’écran Lambert Wilson ose le rappeler pour lui parler de cet enfant-Dieu dont sa petite communauté fête la naissance ce soir là et que l’Eglise catholique appelle aussi « Prince de la paix »… Et l’islamiste de tendre la main au Père Abbé qui finira par s’en saisir en plongeant son regard dans les yeux de celui qui le menaçait encore quelques instants auparavant. Comme pour lui dire qu’il y a des jours, des nuits et des instants où des choses ne se font pas, des paroles ne se prononcent pas. Parce que c’est un temps sacré, un moment différent qui situe les hommes, quels qu’ils soient, dans une autre dimension.
Cette scène magnifique n’est pas sans rappeler un autre film « Joyeux Noël », sorti en 2005, où des soldats français et allemands de la première guerre mondiale, bravent les ordres pour s’extirper de leurs tranchées et fêter ensemble un événement qui dépasse les circonstances et les dépassent tous : Noël.
Ce qu’on dit des grandes fêtes, inscrites en rouge sur nos calendriers, on pourrait le dire de certains autres jours comme les dimanches dans nos sociétés occidentales et autrefois christianisées ou les samedis pour les juifs. Parce qu’ils sont plus réguliers, ces jours là n’ont pas ce caractère unique et précieux des fêtes annuelles mais ils sont un temps donné depuis les origines pour vivre autrement et autre chose, et souvent avec d’autres personnes… Le dimanche ordinairement chômé est aujourd’hui menacé, banalisé, passé à la moulinette des intérêts marchants, au prétexte que c’est bon pour l’activité économique, et que ça se fait déjà dans des secteurs géographiques et des professions pour lesquels il ne viendrait à l’idée de personne d’en contester le principe. Même le gouvernement « Fillon 3 » a été composé un dimanche comme le remarquait un journaliste pertinent. Parce qu’après cinq mois d’attente, ça ne pouvait pas attendre un jour de plus ?!
Quand on ne respecte plus les rythmes, les saisons, les jours ou les nuits, ce sont les repères que l’on bouscule, les valeurs que l’on bafoue, le sens que l’on perd. Et il n’est pas besoin d’être religieux pour dénoncer des évolutions quasi sacrilèges qui tendent à tout mettre sur le même plan, sans nuance. Ce sont les religions qui, à l’origine, se sont coulées dans les temps sociaux pour donner du sens à des rythmes tout simplement biologiques ! Et pas l’inverse. C’est dire si c’est nécessaire même à l’homme du XXe siècle. Bon Noël.
Pour nos frères chrétiens du Moyen-Orient
Le massacre des chrétiens en Irak nous affecte tous et pas seulement les catholiques. C’est un drame humain, culturel et politique aux retentissements gigantesques. Quelles que soient ses convictions religieuses, personne ne doit rester indifférent à ces assassinats ! Les chrétiens au Moyen-Orient en général et en Irak en particulier sont là-bas chez eux au même titre que n’importe quel homme ou femme. Ces chrétiens (58 personnes) massacrés le jour de la Toussaint dans leur cathédrale l’ont été délibéremment parce qu’ils étaient des catholiques comme d’autres dans l’histoire ont été déportés et assassinés parce qu’ils étaient juifs ! C’est intolérable et il en va du sort de l’humanité et de l’honneur de chacun de dénoncer ce nouveau génocide. Je vous propose ci-dessous la lecture de courriers échangés entre les évêques irakiens et français :
APPEL A NOS FRERES DE FRANCE
Notre Calvaire est lourd et il nous paraît long. Le carnage qui a eu lieu à la cathédrale Notre Dame du Perpétuel Secours de Bagdad, avec 58 morts, parmi lesquels deux jeunes prêtres et 67 blessés dont un prêtre, nous a profondément secoués. Nous perdons la patience, mais nous ne perdons pas la foi et l’espérance. Cet événement d’une telle ampleur qui se produit juste après la tenue du Synode nous choque encore plus. Ce dont nous avons besoin c’est de votre prière et de votre soutien fraternel et moral. Votre amitié nous encourage à rester sur notre terre, à persévérer et à espérer.
Sans cela nous nous sentons seuls et isolés.
Nous avons besoin de votre compassion face à tout ce qui vient toucher la vie des innocents, chrétiens et musulmans. Restez avec nous, restez avec nous jusqu’à ce que soit passé le fléau.
Que le Seigneur nous protège tous.
Le 2 novembre 2010
+ Athanase Matti MATOKA, archevêque de Bagdad des Syriens
+ Louis SAKO, archevêque de Kirkouk des Chaldéens
+ Emil NONA, archevêque de Mossoul des Chaldéens
+ Basile Geoges CASMOUSSA, arxchevêque de Mossoul des Syriens
+ Bashar WARDA, archevêque d’Erbil des Chaldéens
Aux évêques d’Irak
Chers Frères dans l’Episcopat,
Nous avons reçu avec grande émotion votre message du 2 Novembre aux catholiques de France. Il vient d’être lu lors de l’Assemblée plénière des évêques, réunie à lourdes ces jours-ci.
Notre prière vous rejoint et nous confions à Notre-Dame de Lourdes la souffrance des chrétiens d’Irak, les victimes du carnage de la Cathédrale Notre-Dame du perpétuel Secours de Bagdad et leurs familles.
Les catholiques de France ont été profondément choqués par ces événements dramatiques et voudraient vous manifester soutien et amitié. Nous n’oublions pas les épreuves que vous endurez et appuyons votre désir légitime de demeurer sur votre terre où les chrétiens sont présents depuis les premiers siècles.
Que le Seigneur vous donne la grâce de la persévérance et de l’Espérance, plus forte que toutes les difficultés. Que l’Esprit de Dieu vous donne force et courage et fasse grandir dans le cœur de tous les hommes, de quelque religion qu’ils soient, le désir de la Paix véritable et de la Justice.
Nous parlons de vous autour de nous et nous insistons pour que les instances internationales prennent la mesure de votre détresse et agissent avec fermeté
Nous ne vous oublions pas. Vous êtes dans nos cœurs et dans notre prière.
Mgr André Vingt-Trois, cardinal-archevêque de Paris, Président de la conférence des évêques de France
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