Les indignations qu’on peut…

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A tout prendre, et s’il est permis d’oser une préférence dans un tel drame, il eût mieux valu que le sous-officier de Carcassonne ait tiré intentionnellement sur la foule ! Sa responsabilité n’en serait que plus écrasante mais au moins aurait-on bien identifié la cause originelle de l’évènement : un déséquilibré ! Et on en serait resté au fait douloureusement divers. Or, nous sommes en présence d’un dysfonctionnement très grave.
Ce genre d’accident est heureusement très rare mais il tombe bien mal pour une institution déjà en proie au doute avec la nécessaire réforme des armées. Et la polémique enfle depuis la démission du général Cuche, chef d’Etat-major de l’armée de terre, peut-être parce qu’on n’est plus guère habitué à ce genre de réaction. Poussé dehors ou en désaccord stratégique avec le pouvoir ( ?), tout le monde y va de son interprétation de cette décision qui ne manque pourtant pas de panache. Et si le général Cuche se faisait tout simplement une haute idée du rôle d’un chef : assumer les actes de ses subordonnés et en tirer les conséquences sans s’accrocher à son poste ? En agissant ainsi, iI révèle l’idée qu’il se fait de l’Homme et de ses responsabilités comme être libre mais engagé au sens profond de l’adjectif. Cela l’honore. Le ministre Hervé Morin devrait peut-être se poser pour lui-même la question de sa propre attitude, dans l’échelle des responsabilités politiques et symboliques…
On s’habitue trop au « c’est pas moi, c’est les autres » ! Le fameux « responsable mais pas coupable » a fait bien des dégâts pour anesthésier les esprits. Il faut retrouver notre capacité d’indignation et de réaction, indépendamment des modes médiatico-parisiennes ! Elle est visiblement intacte chez le général Cuche !
A l’inverse et dans un tout autre domaine, on n’a guère entendu de réactions suite à l’information selon laquelle Jean-Marc Rouillan serait bientôt un militant du NPA (nouveau parti anticapitaliste) d’Olivier Besancenot. L’ancien leader du groupe terroriste Action directe, directement responsable de la mort en 1985 et 1986 du général Audran et de Georges Besse, alors PDG de Renault, vit en semi-liberté après plus de vingt années de prison. Devra-t-on s’habituer à ce qu’il palabre bientôt sur les estrades politiques au côté du célèbre facteur ? Si Olivier Besancenot a pris le temps de rencontrer et de déjeuner avec Jean-Marc Rouillan, ce n’est sans doute pas simplement pour enregistrer une nouvelle carte d’adhérent. Cette cohabitation politique avec un terroriste, qui a certes purgé sa peine mais qui n’a jamais rien renié de ses terribles actions, fait froid dans le dos…
On a parfois mis au pilori et exigé des démissions pour moins que cela mais on a les indignations qu’on peut !

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