vers une économie nouvelle

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Si l’on parlait de « choc pétrolier » dans les années 70, quand l’or noir valait quelque 15 dollars, ou en l’an 2000, quand il était aux environs de 28, quelle expression faudrait-il employer aujourd’hui pour parler d’un baril à 133 $ ?
À ce tarif-là, ce n’est plus un choc, c’est une révolution ! Une révolution en marche depuis une dizaine d’années que se développe l’économie de pays émergents comme la Chine ou l’Inde.
Cette situation nourrit toutes les conversations. Pêcheurs, ambulanciers, transporteurs routiers, agriculteurs ou autres chauffeurs de taxi ne cessent de réclamer des aides que le gouvernement est bien en peine de trouver. Sans oublier tous ceux, encore plus nombreux et démunis, qui doivent chaque jour prendre leur voiture pour aller au travail. Après avoir fait le choix de s’éloigner des villes pour ne pas subir le « choc immobilier », beaucoup sont aujourd’hui pénalisés par le coût du « plein ». Tout le monde n’est pas égal devant la pompe ! Et tous les pays non plus.
Il y a au fond, trois catégories de pays face à la crise pétrolière. Tout d’abord les producteurs. Ils sont de plus en plus riches et même l’Irak dévasté par la guerre n’est plus un pays sans ressources financières. Deuxième catégorie, les pays pauvres d’Asie ou d’Afrique. La croissance de leur industrie déjà très faible a besoin d’un pétrole de plus en plus cher qui alourdit leur dette. Les pauvres sont toujours les plus vulnérables, quel que soit le choc…
Troisième catégorie de pays, les nôtres, ceux d’Europe de l’Ouest, l’Amérique ou le Japon. Cette révolution pétrolière nous pénalise mais elle sera peut-être à terme, un aiguillon pour une croissance nouvelle.
Le pétrole est une énergie naturelle mais épuisable et polluante. Tant qu’il n’était pas très cher, nul n’avait intérêt à diversifier réellement les ressources énergétiques. Aujourd’hui, il n’est que temps de se préoccuper de trouver autre chose. Et c’est déjà en marche ! Une économie nouvelle naît sous nos yeux, soucieuse de l’environnement et qui sera à terme source de développements et d’emplois nouveaux. Les toits de nos maisons se couvrent de panneaux photovoltaïques, les véhicules en feront bientôt autant et « si on n’a pas de pétrole, on ne manque pas d’idées » pour économiser l’énergie ou organiser différemment notre vie quotidienne…
Mais cette mutation économique fait une autre victime : l’illusion écologiste d’un monde sans nucléaire ! Grâce à notre parc de centrales nucléaires, nous sommes moins que d’autres, dépendants du pétrole. Mieux, nous sommes capables de vendre nos technologies à nos voisins qui ont été moins prévoyants !

Un babel moderne

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C’est un amendement surprise, voté à la quasi-unanimité des députés dans le cadre du vaste chantier actuel de révision constitutionnelle : les députés veulent que la loi fondamentale reconnaisse dès l’article premier que « les langues régionales appartiennent au patrimoine » de la Nation. Et pourquoi pas les vins ou la cuisine régionale pendant qu’on y ait ? Et tant pis pour la contradiction avec l’article 2 de la même Constitution qui stipule toujours que « la langue de la République est le français ». Car enfin, si le français est la langue unique et officielle du pays, en quoi les langues régionales auraient-elles besoin d’être protégées par la Constitution nationale ? Nul ne les menace depuis les lois de ces cinquante dernières années qui ont autorisé leur enseignement jusque dans les écoles de la République, ce qui pourrait déjà être constesté sur le fond.
Il a fallu quatre siècles depuis Louis XIV et jusqu’au début du XXème pour que les enfants renoncent à leur dialecte local et parlent enfin le français. Cela a permis l’unification du pays et fait grandir le sentiment d’appartenance nationale. Longtemps langue officielle de l’Eglise ou des institutions internationales, langue des élites européennes, le Français est aujourd’hui battu en brèche de l’extérieur par l’anglais conquérant. Devriendrions-nous complices de l’intérieur d’un tel appauvrissement ?
Certes, chacune des 78 langues régionales recencées est un réel patrimoine culturel local qui mérite d’être sauvegardé au titre des racines vivantes qu’il exprime. Mais ce n’est pas le rôle de l’Etat décentralisateur que d’assurer ce qui relève de la mission des collectivités locales. Il y a là plus qu’un symbole de l’effritement de la société. C’est le communautarisme qui gagne du terrain et ce peut-être un jour lourd de conséquences sur notre capacité à se parler, à se comprendre, à vivre ensemble. Il n’y a qu’à regarder ce qui se passe chez nos voisins, Espagnols ou Belges, pour voir que la langue n’est pas qu’accessoire. Les Catalans ou les Basques ne veulent pas être confondus avec les Madrilènes ou les Andalous. Les Flamands eux instaurent peu à peu contre leurs concitoyens Wallons, un véritable régime d’apartheid linguistique au nom de la défense de leur culture. La Belgique, siège des institutions européennes, se ghéttoïse. Nous ne devons rien décider qui puisse un jour participer à ce Babel moderne, porteur de risques d’éclatement…
En attendant, et si le Parlement conserve cet amendement dans la version définitive du texte constitutionnel, on ne voit pas bien comment le gouvernement pourra justifier longtemps son refus de ratifier la Charte européenne des langues régionales et minoritaires. Celle-ci, signée par la France en 1999, reconnait à chacun le droit imprescriptible de parler une langue dans la sphère privée ET publique. La profession de traducteur aurait alors de beaux jours devant elle !
Toute réflexion faite, cette révision constitutionnelle qui vise à donner plus de pouvoirs au parlement est-elle réellement une bonne chose ?

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