cartes à rebattre

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C’étaient les dernières élections régionales ! Vivent les prochaines élections des conseillers territoriaux en 2014. Pour ce mandat de quatre ans, la gauche a remporté dimanche dernier une victoire nette et sans bavure. Mais une analyse attentive des résultats définitifs invite les vainqueurs à garder la tête froide. Si la « gauche solidaire » remporte une majorité absolue des suffrages à l’échelle de la région, elle reste dans le département de l’Ain en dessous de la barre des 50 %. Si le Parti Socialiste apparaît comme le grand gagnant, il compte pourtant désormais moins de conseillers régionaux que dans la précédente assemblée ! Tout ça parce qu’il lui a fallu faire de la place à ses encombrants alliés d’Europe Écologie.
Si la liste menée par Jean-François Debat fait ses meilleurs scores sur la ville chef-lieu dont il est le maire, les trois cantons de Bourg font aussi partie de ceux où l’on a le moins voté dans l’Ain. Les abstentionnistes se sont donc exprimés avec leurs pieds et cela fait l’affaire du Front National qui renaît de ses cendres.
Quant à la droite républicaine, elle vient de prendre sa troisième claque en deux ans. Dans ce département longtemps gouverné par le centre droit qui n’existe plus guère, elle se cherche désespérément un patron. Damien Abad, député européen et nouveau conseiller régional, avait reçu un accueil pourtant très froid quand il fut parachuté dans l’Ain en décembre. Mais c’est peut-être grâce à son dynamisme que l’UMP-NC a pu relativement sauver ses meubles. Étienne Blanc a disparu dans son Pays de Gex d’adoption alors qu’il était le patron du groupe régional d’opposition à Jean-Jack Queyranne ! Jocelyne Boch a bien du mal à habiter son tailleur de chef de l’opposition au Conseil général. Xavier Breton ne s’est pas risqué à affronter le maire de Bourg de peur d’apparaître déjà comme un challenger malheureux en attendant les municipales de 2014. Charles de la Verpillière ne s’est pas remis de son échec de 2008 et il est tout occupé à labourer le terrain de sa prochaine circonscription redécoupée. Quant à Michel Voisin, il n’en finit pas de terminer une carrière politique que même ses amis jugent trop longue ! Reste Sylvie Goy-Chavent, l’encore nouvelle, ambitieuse et franc-tireuse sénatrice, qui ne cesse de critiquer son camp alors qu’elle a refusé de participer au combat régional ! Oui, décidément, Damien Abad est peut-être « un bon cheval » sur lequel beaucoup ne tarderont pas à miser.
Dans ces conditions, la gauche départementale n’a guère de souci à se faire dans la perspective des prochaines et dernières élections cantonales de 2011 ! Pour l’heure, ses chefs observent une paix armée. Rachel Mazuir, Jean-François Debat et Guillaume Lacroix ne s’entendent que pour se partager les responsabilités. Seules leurs victoires électorales de 2008, aussi récentes qu’inattendues, ont jusqu’ici fait taire les armes…
Bref, les rivalités humaines, à droite comme à gauche, n’ont pas fini d’alimenter les conversations et les supputations qui nourrissent les légitimes ambitions. Mais attention, en 2014 avec les conseillers territoriaux, toutes les cartes seront rebattues et il est impossible à ce stade d’imaginer quelles seront les prochaines majorités.
Damien Abad est peut-être « un bon cheval »

la cravate, nouvelle ligne de fracture politique ?

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Elle n’est qu’un objet vestimentaire assez inutile en soi mais qui souligne pour les hommes qui la portent, le style et peut-être même le caractère, voire les choix politiques… La cravate, c’est ce que l’on remarque en premier chez un homme dont les costumes sont finalement très ressemblants, d’une saison à l’autre, d’une mode à l’autre. Traditionnellement, les responsables politiques, sociaux ou économiques en arborent une chaque jour de la semaine, sauf peut-être le vendredi, qui devient sous l’influence conjointe des anglo-saxons et des 35 heures, le jour “détente” au bureau… Mais voilà que dans la ville chef-lieu de l’Ain, désormais gérée par la gauche, la cravate se fait plus rare, plus lâche ou carrément absente. Et certains esprits mal tournés, d’y lire le signe d’une nouvelle fracture.
Dans les allées du salon de l’habitat qu’on inaugurait le 2 octobre dernier, on pouvait comparer trois comportements différents pour des hommes partageant normalement les mêmes convictions.
Jean-François Debat tout d’abord. Le jeune maire socialiste de Bourg a semble-t-il décidé de se passer désormais des services de la cravate. Il travaille et se déplace le col ouvert, signe sans doute d’une volonté d’exprimer sa proximité, sa décontraction, sa jeunesse aussi. Chez ce politique déjà très averti et qui ne fait rien par hasard, cette habitude vestimentaire est évidemment un message pour se distinguer des autres. De ses adversaires politiques bien sûr mais aussi de ses amis politiques qui forment avec lui la majorité municipale et dont bon nombre, issus des Verts ou du PC, ne sont pas franchement des habitués de la cravate.
Deuxième personnage à entrer en scène : Guillaume Lacroix. Adjoint au maire de Bourg, vice-Président du Conseil général, l’encore plus jeune élu radical de gauche, revendique haut et fort le port de la cravate. Par habitude, par élégance, par respect pour ses interlocuteurs, par volonté aussi de ne pas faire semblant ! Personne n’ignore qu’entre lui et son maire, il y a plus d’épaisseur dans les inimitiés que de différences dans leurs habitudes vestimentaires ! L’un et l’autre ne sont peut-être pas mécontents d’afficher un look différent.
Troisième et dernier personnage du défilé de mode : Rachel Mazuir en personne. L’ancien élu burgien, aujourd’hui sénateur socialiste et Président du Conseil général est resté fidèle à la cravate qu’il porte selon ses propres canons : le noeud desséré sur un col de chemise légèrement ouvert. C’était déjà comme ça quand il n’était que conseiller municipal et conseiller général d’opposition et l’homme n’a pas pour habitude de changer de comportement. Décontracté, ouvert, souriant et toujours serein il était. Décontracté, ouvert souriant et toujours serein il reste. A 68 ans, sa carrière politique vient de connaître cette année son apogée et il n’est pas de ceux qui se laissent enfler la tête. Sa cravate en témoigne et le situe ainsi à mi-chemin entre ses deux jeunes poulains, forcément plus impétueux et concurrents. La cravate en dit plus long qu’on veut bien le dire…

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