On peut trouver bien des travers à cette fameuse « votation citoyenne » organisée la semaine dernière contre la « privatisation » de La Poste. D’abord en relevant qu’elle était fort peu démocratique avec une question tronquée. Ensuite, en s’étonnant que la plupart des 1 500 bureaux de vote étaient situés en milieu urbain, là où les services postaux sont les moins menacés… Mais de fait, plus de deux millions de votants, c’est quand même un bon coup ! Un bon coup politique pour la gauche qui met le gouvernement dans l’embarras. Celui-ci n’organisera pas le référendum réclamé. Les scrutins d’initiative populaire sont pourtant prévus dans la réforme constitutionnelle de 2008 mais elle n’est pas encore entrée en application. Et le ministre a beau jeu de faire remarquer au passage que la gauche parlementaire avait justement voté contre cette même réforme ! D’autre part, le contexte social de France Télécom rajoute actuellement à la dramatisation du dossier. On se souvient que le premier opérateur de téléphonie était une entreprise publique et qu’il devait le rester, « promis juré craché », jusqu’à ce jour de 2004 où la participation de l’État est passée en dessous des 50 % ! Le ministre de l’économie de l’époque s’appelait… Nicolas Sarkozy !
La Poste en France, c’est un symbole fort, une sorte de vache sacrée à laquelle il ne faut toucher qu’avec d’infinies précautions. Le public est aussi attaché à son bureau de poste ou à son facteur qu’à son maire. Parce qu’il est peut-être le premier échelon de proximité ; le dernier rempart contre la désertification rampante aussi. Mais il serait intéressant de savoir combien sont-ils parmi les deux millions d’opposants déclarés à la « privatisation », à détenir un compte à la Banque Postale ? Quel type de communication choisissent-ils alors que le trafic du courrier baisse de 10 % depuis deux ans ? Et puisqu’il s’agit de défendre les services de proximité, combien de centaines de milliers de commerces locaux avons-nous laissé mourir au profit des grandes surfaces ? N’étaient-ils pas, eux aussi, des lieux de vie et de proximité ? C’est pourquoi il n’est pas scandaleux que La Poste ouvre ici ou là dans les villages avec le concours des municipalités, des agences postales, ou délègue des relais poste aux derniers commerçants survivants, tout heureux de pouvoir consolider ainsi leur fonds de commerce.
Il n’en reste pas moins vrai que ce changement de statut de La Poste crée des craintes. Mais ce n’est pas Bruxelles qui impose cette prochaine ouverture généralisée à la concurrence européenne. Ce sont tous nos gouvernements successifs, de droite comme de gauche, qui l’ont voulue. Sans doute avec d’excellentes raisons, mais au prix d’un sentiment d’insécurité sociale de plus en plus palpable. L’Europe est trop souvent perçue comme un cadre économique où s’organise une concurrence implacable. Elle doit aussi porter des projets ambitieux dans lesquels l’Homme restera au centre de tout, et pas seulement de la finance !
On peut trouver bien des travers à cette fameuse « votation citoyenne » organisée la semaine dernière contre la « privatisation » de La Poste. D’abord en relevant qu’elle était fort peu démocratique avec une question tronquée. Ensuite, en s’étonnant que la plupart des 1 500 bureaux de vote étaient situés en milieu urbain, là où les services postaux sont les moins menacés… Mais de fait, plus de deux millions de votants, c’est quand même un bon coup ! Un bon coup politique pour la gauche qui met le gouvernement dans l’embarras. Celui-ci n’organisera pas le référendum réclamé. Les scrutins d’initiative populaire sont pourtant prévus dans la réforme constitutionnelle de 2008 mais elle n’est pas encore entrée en application. Et le ministre a beau jeu de faire remarquer au passage que la gauche parlementaire avait justement voté contre cette même réforme ! D’autre part, le contexte social de France Télécom rajoute actuellement à la dramatisation du dossier. On se souvient que le premier opérateur de téléphonie était une entreprise publique et qu’il devait le rester, « promis juré craché », jusqu’à ce jour de 2004 où la participation de l’État est passée en dessous des 50 % ! Le ministre de l’économie de l’époque s’appelait… Nicolas Sarkozy !
La Poste en France, c’est un symbole fort, une sorte de vache sacrée à laquelle il ne faut toucher qu’avec d’infinies précautions. Le public est aussi attaché à son bureau de poste ou à son facteur qu’à son maire. Parce qu’il est peut-être le premier échelon de proximité ; le dernier rempart contre la désertification rampante aussi. Mais il serait intéressant de savoir combien sont-ils parmi les deux millions d’opposants déclarés à la « privatisation », à détenir un compte à la Banque Postale ? Quel type de communication choisissent-ils alors que le trafic du courrier baisse de 10 % depuis deux ans ? Et puisqu’il s’agit de défendre les services de proximité, combien de centaines de milliers de commerces locaux avons-nous laissé mourir au profit des grandes surfaces ? N’étaient-ils pas, eux aussi, des lieux de vie et de proximité ? C’est pourquoi il n’est pas scandaleux que La Poste ouvre ici ou là dans les villages avec le concours des municipalités, des agences postales, ou délègue des relais poste aux derniers commerçants survivants, tout heureux de pouvoir consolider ainsi leur fonds de commerce.
Il n’en reste pas moins vrai que ce changement de statut de La Poste crée des craintes. Mais ce n’est pas Bruxelles qui impose cette prochaine ouverture généralisée à la concurrence européenne. Ce sont tous nos gouvernements successifs, de droite comme de gauche, qui l’ont voulue. Sans doute avec d’excellentes raisons, mais au prix d’un sentiment d’insécurité sociale de plus en plus palpable. L’Europe est trop souvent perçue comme un cadre économique où s’organise une concurrence implacable. Elle doit aussi porter des projets ambitieux dans lesquels l’Homme restera au centre de tout, et pas seulement de la finance !
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