Champions d’Europe

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« Championne d’Europe ! » La France est championne d’Europe. Pas d’athlétisme car elle n’a guère brillé aux récents championnats de Berlin. Pas en football non plus depuis son élimination dans l’Euro 2008. Pas plus en économie où ses déficits se creusent inexorablement… Non, la France est championne d’Europe de la natalité et c’est très bien. 828 400 enfants sont nés en 2008. C’est 1,2 % de plus qu’en 2007 et cela nous maintient pour la troisième année consécutive à un niveau jamais atteint depuis bientôt 30 ans. Plus d’enfants, c’est bien pour le renouvellement des générations quasi assuré. C’est bien pour le signe de confiance en l’avenir que les enfants incarnent. C’est bien aussi pour la fameuse croissance économique. D’aucuns prétendent qu’il s’agit d’une performance due au rattrapage générationnel. Les femmes enfantent plus tard que leur mère et les enfants qui naissent aujourd’hui auraient dû naître il y a une dizaine d’années. D’où l’idée que les statistiques ne sont que provisoirement bonnes. D’autres assurent qu’il s’agit là du résultat d’une volonté politique traduite en mesures législatives… Tout cela est sans doute vrai, au moins en partie.
Ce qui est vrai, et totalement vrai, c’est que la famille reste une valeur sûre. Non pas qu’elle ne connaisse pas la crise elle aussi ! On ne dira jamais assez le prix humain, psychologique et social que représente l’éclatement de trop d’entre elles. Mais la famille demeure, même dans la tempête, la vraie « sécurité sociale », au sens propre et premier de l’expression.
Famille et natalité sont donc les deux mamelles d’une société qui regarde vers demain. C’est pourquoi il faut se garder de décisions qui pourraient leur nuire. Ainsi en est-il du projet de réforme de la majoration de durée d’assurance pour les mères. En gros, il s’agit des fameuses deux années de cotisation par enfant, accordées à toutes les femmes au moment de faire valoir leurs droits à la retraite. Certains pères bien intentionnés y voient là une inégalité de traitement. D’où des recommandations européennes, des rapports de la HALDE (Haute autorité de lutte contre les discriminations), qui exigent que le dispositif soit plus « égalitaire ». Pour éviter une inflation de plaintes, le comité d’orientation des retraites préconise effectivement que les choses soient revues. Personne n’a l’intention de pénaliser les femmes et le bon sens devrait permettre de trouver des solutions équilibrées (compensation financière, choix des parents pour déterminer qui, du père ou de la mère, bénéficiera le moment venu des deux années de cotisation…). Les décisions ne sont pas prises mais le phénomène illustre bien le ridicule où nous conduit le fameux « égalitarisme » qui n’a rien à voir avec la justice. Hommes et femmes ont les mêmes droits mais ils ne sont égaux, ni génétiquement, ni physiologiquement, ni physiquement. Et pour porter et mettre au monde les enfants, on n’a encore rien trouvé de plus précieux que les femmes. Ca leur vaut bien quelques avantages si on veut rester les champions d’Europe !

Désir d’enfants

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Un train… de mauvaises nouvelles peut en cacher un autre, de bonnes, à condition de ne pas se laisser écraser par les convois de sinistrose ! Ainsi cette semaine, l’institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) nous a-t-il annoncé la naissance en 2008 de 834 000 bébés ! Un chiffre inégalé depuis presque 30 ans, et qui confirme une tendance déjà soulignée ces dernières années.
Mais d’où vient ce goût des Français pour les enfants ? Traditionnellement, on croyait que le nombre d’enfants était le baromètre de la confiance des parents en l’avenir. Les sociologues prétendent aujourd’hui que c’est au contraire l’inquiétude et l’angoisse qui incitent les couples à procréer. Quand il fait froid sur les prévisions, la famille est encore le meilleur endroit où l’on se réchauffe le coeur.
En attendant 2010 pour savoir si la situation économique actuelle aura des répercussions sur la natalité, la France avec 2,01 enfants par femme, fait beaucoup mieux que ses partenaires européens, exceptés les Irlandais. Les Allemands étaient encore à 1,3 en 2005. Pour une fois, on peut peut-être saluer les politiques familiales de tous les gouvernements français successifs. Les conditions d’accueil, les niveaux de prestations sociales, l’organisation du temps scolaire, le regard que nous portons collectivement sur la maternité, tout cela encourage effectivement la natalité alors pourtant que 80 % des femmes de 25 à 50 ans, travaillent.
Plus surprenant, certains observateurs vont jusqu’à avancer l’idée que les secondes unions encouragent les Françaises à « refaire » des enfants. Plus de divorces, plus de séparations= plus de gosses !  ? A chaque nouvelle aventure conjugale, son lot de descendants ? C’est assez inattendu mais vu la fragilité des couples, l’avenir est donc assuré, au moins quantitativement !
En France, les statistiques ethniques sont à tort ou à raison interdites. Il est donc impossible en l’occurence de savoir quelle est l’origine culturelle des familles qui font des enfants. Autrement dit, combien les familles d’origine étrangère ont-elles fait d’enfants en 2008 ? Sans doute un peu plus que celles qui sont françaises depuis 3 ou 4 générations. L’avenir d’un pays est aujourd’hui comme hier et depuis toujours, largement lié à sa capacité d’intégrer des populations nouvelles, venues d’ailleurs. Il n’est peut-être pas inutile de se le rappeler. Plus nombreux seront nos enfants, moins lourd sera pour chacun d’eux le poids de la dette que nous leur laisserons pour n’avoir pas su adapter nos trains de vie à nos moyens. Mais plus d’enfants dont l’espérance de vie ne cesse de croître (+ 9 ans depuis 1970 !) au sein d’une population toujours plus nombreuse, c’est quand même le signe que nous sommes sur de bons rails ! Le train de l’avenir n’est heureusement pas tous les jours bloqué à la gare St Lazare.

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