Un rendez-vous d’espérance

De toutes les fêtes religieuses, Noël est la plus populaire. C’est aussi celle qui rassemble encore le plus de monde dans les églises. Ce jour-là, un sentiment mystérieux envahit les cœurs et poussent les hommes à agir différemment. On se rassemble, on se réconcilie, on s’écoute, se laissant même envahir, inconsciemment parfois, par une générosité pleine et non feinte ; une générosité qui se matérialise, certes, au pied du sapin, mais qui s’incarne aussi plus largement dans le don.
Extraordinaire ! Quand on y pense… Il n’y a pas d’autres jours pareil à celui-là dans une année. Une journée où le don de soi aux autres –êtres aimés ou inconnus- soit aussi largement partagé. C’est pourquoi, peut-être, la misère nous est encore plus insupportable à Noël.
Familles fragilisées, sans famille, sans-logis… Notre compassion se confronte ce jour-là, plus durement qu’à l’habitude, à nos maux sociaux. « Je vis au RMI. Vous comprenez, j’ai cinquante ans, et dans mon état de santé, il n’y a plus de place pour moi. Mais pour Jésus non plus, il n’y avait plus de place dans l’auberge. Alors nous sommes proches l’un de l’autre » nous déclarait récemment un homme, victime de la crise économique. Un témoignage fort de sens !
Cet homme a tout perdu. Pour les fêtes, il sera seul et certainement en colère… Pas de cadeaux en abondance, pas de victuailles non plus, mais la joie d’une présence, celle de Jésus. « Quand j’aurai lâché ma tristesse, je sais que Jésus me rejoindra et me prendra par la main ».
Lorsque le secondaire vient à manquer, l’essentiel prend beaucoup plus d’importance.
« Rien de merveilleux, rien d’extraordinaire, rien d’éclatant n’est donné comme signe aux bergers commente le pape Benoît XVI. Ils verront seulement un enfant entouré de langes, qui, comme tous les enfants, a besoin de soins matériels. Un enfant qui est né, dans une étable et qui est couché non pas dans un berceau mais dans une mangeoire. Le signe de Dieu est l’enfant avec son besoin d’aide et de pauvreté ».
Et si justement, en cette année de crise, la célébration de Noël nous invitait à réactualiser le sens que nous donnons à l’économie ? Et si nous choisissions, avec force, la voie de la solidarité ? Car, au fond, quels autres chemins menant à un mode d’organisation durable de notre société existe-t-il ? N’ajoutons pas à la crise économique et sociale, la crise de l’intelligence. Et faisons de ce Noël, un rendez-vous d’espérance pour tous les hommes, quelle que soit leur condition.

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2 commentaires sur “Un rendez-vous d’espérance”

  1. Soir de Noël, quelque part dans le monde…

    La nuit est claire et froide en ce soir de décembre, quelques clous d’or donnent à la voûte céleste un air de fête. Aussi loin que se portent nos regards il n’y a que l’infini. Chacun de nous a son étoile et pourtant combien de malheureux pleurent en silence en cette merveilleuse nuit de Noël, cette nuit qui devrait rassembler tous les hommes. Les visages sont rayonnants de bonheur et les yeux brillent comme des étoiles. Les ventres ont mal d’avoir trop bu et mangé quand d’autres ont mal de n’avoir rien, mais la souffrance n’est pas la même. Les yeux s’ouvrent grands et s’émerveillent devant les vitrines du monde tandis que d’autres se ferment lentement sans même une main pour les accompagner dans ce voyage redouté que l’on dit meilleur.

    Ce sont les larmes de l’enfant abandonné qui n’a plus de maman et que le monde rejette. Il erre dans les rues de la ville, plus seul que jamais au milieu de cette foule indifférente, n’ayant de regard que pour la beauté. Il voudrait bien retenir ses larmes, mais son cœur est encore trop fragile, loin des bras protecteurs et tendres. Alors dans un coin sombre, là où personne ne peut le voir, il s’accroupit et sort de son veston rapiécé une photo jaunie. Ses lèvres se posent fiévreusement sur ce visage tant chéri puis l’enfant laisse ses sanglots troubler le silence de son cœur. Tandis qu’à deux pas de lui, la foule anonyme se délecte encore et encore des plaisirs festifs.

    « Maman ne me laisse pas » C’est le cri du soldat mourrant que la guerre enlève, cruelle. Couché sur le dos, sur un sol glacé, son bras se soulève péniblement et se tend, semblant saisir l’infini, puis retombe inerte sur sa poitrine où se dessine une rose rouge. Ses yeux grands ouverts, encore une fois regardent les étoiles et dans un dernier râle n’a que ces mots pour se donner du courage « Maman j’ai peur ! » Son visage livide s’endort sur une dernière vision. Il n’avait que vingt ans.

    Qu’attendent-ils tous ces malheureux de la nuit de Noël ? Peut-être l’Espérance tout simplement. Puissions-nous un jour donner de la chaleur à tous ceux qui ne connaîtront jamais dans la vie que haine et violence. Chacun de nous vit bien douillettement dans son univers et l’accident n’arrive qu’aux autres, mais « l’autre » ne sera-t-il pas « Nous » un jour ou l’autre.

    Roland Laurent décembre 2009

  2. Ce sont les larmes de l’enfant abandonné qui n’a plus de maman et que le monde rejette. Il erre dans les rues de la ville, plus seul que jamais au milieu de cette foule indifférente, n’ayant de regard que pour la beauté. Il voudrait bien retenir ses larmes, mais son cœur est encore trop fragile, loin des bras protecteurs et tendres. Alors dans un coin sombre, là où personne ne peut le voir, il s’accroupit et sort de son veston rapiécé une photo jaunie. Ses lèvres se posent fiévreusement sur ce visage tant chéri puis l’enfant laisse ses sanglots troubler le silence de son cœur. Tandis qu’à deux pas de lui, la foule anonyme se délecte encore et encore des plaisirs festifs

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