La lutte contre le réchauffement climatique attendra encore un peu. Les leaders mondiaux ont décidé depuis Duban (Afrique du Sud) que le climat n’était finalement pas si déplorable que cela. Certes, le trait est gros… Mais tout de même ! S’il est interdit de parler d’échec, l’accouchement fut difficile et le bébé bien maigre.
Quand une crise chasse l’autre. Il y a deux ans, le monde se passionnait pour la crise climatique. Nous avions alors tous les yeux rivés sur les négociations de Copenhague et l’on nous expliquait unanimement que la réduction des gaz à effet de serre serait « le défi majeur de l’humanité pour le XXIe siècle ». La semaine dernière, de nouvelles négociations sur le climat s’ouvraient à Durban, mais cette fois, dans l’indifférence générale. Pourtant, en deux ans, la crise climatique n’a fait que s’aggraver et les niveaux d’émissions de CO2 n’ont jamais été aussi élevés. Les experts avancent même qu’ils dépassent les scénarii les plus pessimistes. Dans ces conditions comment expliquer que le soufflé soit retombé aussi rapidement ?
La réponse est affaire de temporalité. A la crise climatique s’est substituée une crise plus violente, plus urgente ; celle de la dette. « Quand la maison brûle, la priorité est d’éteindre l’incendie » souffle un diplomate français pour qui, l’engagement de l’Union européenne à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 20 % d’ici à 2020 n’est plus vraiment une préoccupation première. D’autant que cet effort réclamerait des milliards de financements publics… Ce qui, en regard des efforts demandés aux citoyens européens pour résorber leurs dettes ne serait pas facilement défendable.
Pour autant, l’argument ne vaut pas loi. Si le court terme n’est pas substituable au long terme, les deux crises ne sont donc pas forcément opposables. Contenir la crise économique revient aussi à chercher des marges de croissance pour demain. Or, selon l’économiste britannique Nicholas Stern, ces marges pourraient venir d’une « économie bas carbone », c’est-à-dire faiblement émettrice de CO2. Mais faut-il encore en jeter sérieusement les bases –contrairement à ce qui vient d’être réalisé avec le photovoltaïque en France-.
A une politique de réaction se corrèlerait alors une politique de fondation, élaborée à partir de nouvelles règles. A l’image de ce qui s’est fait à Bruxelles, des pays moteurs, dont l’Union européenne, pourraient se retrouver sur une feuille de route plus avancée, avec pour leitmotiv « résoudre la crise environnementale pour solutionner la crise économique ». Certes cette idée est loin de faire l’unanimité, mais elle donnerait, quelques mois avant le sommet de la Terre à Rio, un vrai signal positif. Le vert n’est-elle pas la couleur de l’espoir !
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