Parfum de crise au MoDem

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Cette campagne signera t-elle le glas du MoDem ? Au regard de la tournure qu’elle prend dans la région, la question paraît légitime. Alors que les autres formations politiques ont dévoilé depuis plusieurs semaines leurs têtes de liste, l’incertitude présidait encore hier au  MoDem. Dans l’Ain, la conseillère régionale sortante,  pressentie pour conduire la liste départementale, Fabienne Faure, a laissé planer le doute sur sa présence sur la liste MoDem jusque dans l’après-midi.

La présidente du groupe orange de l’hémicycle régional a finalement décidé d’y aller… Avec un optimisme très mesuré : “J’ai eu des doutes sur les compositions de liste, sur la stratégie d’Azouz Begag par rapport à l’UMP. Je voulais des garanties, je les ai obtenues. Il n’y aura pas d’alliance avec l’UMP…” résume t-elle dans une interview publiée dans Voix de l’Ain (édition du 5 février). Et d’ajouter : “Je suis persuadée que nous dépasserons les 5% (…) Au dessus des 10%, je ne me prononcerai pas…”

Plus généralement, il semble que la méthode Bayrou atteigne ses limites. Outre les querelles de personnes (comme celle qui a opposé Azouz Begag à Eric Lafond), le parti est divisé sur la stratégie. Beaucoup, comme Mme Faure, étaient favorables à des alliances dés le premier tour avec le PS et regrettent la décision de leur direction d’imposer des candidatures autonomes dans les 22 régions. Les militants sont chaque jour plus nombreux à dénoncer l’autorité, le manque de concertation et d’écoute de la part d’un François Bayrou focalisé sur sa propre image dans la perspective de la présidentielle.

Toujours dans l’Ain, l’une des anciennes figures du Modem, Pierre Cormorèche, qui a claqué la porte du parti, promet des jours difficiles : “Après les régionales, le Modem aura du mal à se relever”, assure t-il.
Seule la tête de liste régionale, Azouz Begag, affiche un extraordinaire optimisme. L’intellectuel lyonnais mise sur “les 80% de jeunes de moins de 25 ans qui ne sont pas allés voter aux européennes” pour faire le plein de suffrages et “créer la surprise en dépassant la barre des 10%”.

Une analyse contredite par les dernières enquêtes d’opinion, qui créditent le Modem de 4% (Sondage TNS/Sofres des  1er et 2 février) et par le sentiment de confusion qui émane de la base.

Retrouvez l’intégralité des interviews d’Azouz Begag, Fabienne Faure et Pierre Cormorèche dans le Voix de l’Ain du 5 février.

Sondages : la gauche donnée gagnante en Rhône-Alpes

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Sondage OpinionWay du 19 novembre 2009.

Les dernières estimations de vote publiées donnent la gauche gagnante en Rhône-Alpes.
A titre d’exemple, le sondage Le Figaro-LCI-Baromètre OpinionWay en date du 19 novembre 2009 indique les intentions de vote suivantes :
1er tour :
LO : 2%
NPA : 3%
Front de gauche : 5%
PS : 24%
Les Verts et Europe Ecologie : 16%
Modem : 8%
AEI : 4%
UMP-Nouveau centre – MPF-CNTP : 28%
FN : 10%

2e tour (triangulaire) :
PS, Front de gauche, Verts : 49%
Majorité présidentielle : 39%
FN : 12%

En cas d’absence du Front national au deuxième tour, la liste du Parti socialiste, du Front de gauche et des Verts conduite par le président sortant, Jean-Jack Queyranne, obtiendrait 58% des suffrages, contre 42% pour la liste de la majorité présidentielle de Françoise Grossetête.

A souligner, les reports de voix du Modem (58% vers l’UMP et 8% vers le FN).

Enjeux locaux, enjeux nationaux

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Depuis l’instauration du quinquennat et le jumelage des élections présidentielles et législatives, les électeurs verront dans ces élections, une des rares opportunités d’approuver ou de sanctionner la politique gouvernementale alors que le président est à la moitié de son mandat. Quatre électeurs sur dix affirment d’ailleurs voter en fonction des enjeux nationaux plutôt que locaux.

La gauche, au pouvoir dans 20 des 22 régions métropolitaines (exceptées l’Alsace et la Corse) cherchera à conserver un maximum de régions, voir à en gagner, comme l’a annoncé la secrétaire général du PS, Martine Aubry, qui vise « le grand chelem ».

Un vrai challenge pour un PS en reconstruction dont une frange de l’électorat pourrait se tourner vers le MoDem et plus encore vers Europe Ecologie. Du score réalisé par le parti incarné par Daniel Cohn-Bendit dépendront les rapports de force au sein de la gauche pour les années à venir.

Dans tous les cas de figure, Europe Ecologie obtiendra plus de 10% des suffrages, ce qui contraindra le PS à lui faire une place au second tour. Les négociations d’entre deux tours s’annoncent ardues.
Certain que les suffrages des électeurs de la gauche de la gauche (PC…) se reporteront automatiquement sur la liste Queyranne, le PS continue à négocier avec le Modem, dans la perspective d’une union avant ou après le premier tour.

L’enjeu est grand pour le parti de François Bayrou en pleine débandade depuis la présidentielle. Les centristes du Modem prendront-ils le risque de s’afficher avec la gauche alors que la majorité de son électorat reste, quoiqu’on en dise, majoritairement à droite ? En attestent les intentions de vote au second tour publiées dans le sondage OpinionWay du 19 novembre : 58% des électeurs du Modem voteraient pour la liste de la majorité présidentielle et 8% pour la liste du Front national, soit un report des deux tiers des voix du Modem vers les partis de droite.

Pour la majorité, il s’agira de gagner des régions. L’inverse serait le signe d’une forte désapprobation populaire et du rejet de la politique gouvernementale. La candidature de plusieurs ministres amplifie encore le risque. Une lourde défaite contraindrait certainement le président Nicolas Sarkozy a remanier son gouvernement.
La droite, rassemblée sous la bannière pluraliste de « majorité présidentielle », se trouve dans une configuration plus simple que la gauche en terme d’alliances et de reports de voix, puisqu’elle ratisse aussi largement que possible pour le premier tour (du MPR de Philippe Devilliers au Nouveau Centre d’Hervé Morin). Revers de la médaille : le mouvement ne disposera que d’un réservoir très limité d’électeurs pour le second tour.

Au plan régional, il s’agira de choisir, en fonction des programmes présentés, les grandes priorités pour les quatre années à venir (voir par ailleurs).

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