La liste Majorité présidentielle menée par Damien Abad dans l’Ain et Françoise Grossetête en région a lancé la campagne dans le département jeudi 21 janvier à la salle des fêtes de Pont d’Ain. L’enjeu pour la droite était de mobiliser les militants UMP pour soutenir la liste départementale menée par M Abad, du Nouveau centre, arrivant dans l’Ain pour ces élections. Deux figures nationales de l’UMP – ayant des attaches régionales – avaient fait le déplacement. Michel Barnier, futur commissaire européen, et Bernard Accoyer, président de l’Assemblée nationale, entouraient Damien Abad, Jocelyne Boch numéro 2 sur la liste Majorité départementale dans l’Ain, et Françoise Grossetête. Les parlementaires Xavier Breton, Charles de la Verpillère, Etienne Blanc et Sylvie Goy-Chavent, arrivée en cours de réunion, étaient également présents pour montrer publiquement le visage d’une droite unie. Michel Voisin, député, en voyage à Taïwan, avait envoyé un sms à Damien Abad pour l’assurer de son soutien “à 110%”. 250 à 300 militants ou sympathisants étaient venus assister à ce lancement.
Territoires et Europe
“J’ai beaucoup d’amitié et d’estime pour Damien Abad et Jocelyne Boch”, a témoigné Michel Barnier. “Damien Abad est un gars courageux, respecté et compétent” a-t-il expliqué à la presse comme à l’assistance. L’appui sur les territoires et la mutualisation entre pays européens sont, pour l’ancien ministre de l’agriculture, des atouts qui permettront de sortir de la crise qu’il ne juge pas terminée. Pour M. Barnier, ce serait un atout supplémentaire si Françoise Grossetête et Damien Abad, députés européens, présidaient aux destinés de la Région après les élections.
Dans sa prise de parole, Damien Abad s’est positionné au-dessus des querelles d’appareils et n’a pas caché qu’il n’avait aucun lien avec le département avant le lancement de la campagne des régionales. Il a mis en avant sa jeunesse – 29 ans – et son désir de se battre. Un message combatif qui lui a assuré le soutien de la salle. “Je n’ai pas de leçon à recevoir d’un énarque qui est né à Lyon et qui à plus d’ambitions pour lui-même que pour la ville de Bourg”, a-t-il lancé, visant Jean-François Debat, tête de liste départementale pour le parti socialiste. Damien Abad a annoncé un “combat rude, difficile”. Il a demandé aux militants de l’aborder avec l’envie de gagner et non la peur de perdre.
Damien Abad, comme plusieurs autres intervenants – Françoise Grossetête, Xavier Breton, Bernard Accoyer Etienne Blanc – a ironisé sur les dissensions qui existent entre les Socialistes et les Verts en rappelant : “notre liste au 2e tour sera celle du 1er tour.”
Elections politiques
Bernard Accoyer a insisté sur le fait que les élections régionales de mars “seront considérées comme des élections politiques”. Il a pointé les deux adversaires de la Majorité présidentielle : “la division et l’abstention”. “L’alliance qui gagnera sera celle qui sera la plus mobilisée”, a-t-il ajouté.
Françoise Grossetête a également appelé à la mobilisation : “J’ai besoin de vous ! Nous devons reprendre cette région”. Sans développer l’ensemble de son programme, elle a donné quelques pistes de travail : pas d’augmentation de la fiscalité, aider les jeunes à entrer dans une première expérience professionnelle, rééquilibrer les territoires, faire de Rhône-Alpes une grande région européenne.
Pour conclure, Etienne Blanc a rappelé que près de 90 candidatures de militants de l’UMP et du Nouveau centre avaient été enregistré et que la liste finale établie pour le 31 janvier n’en comportera que 14. “Nous ferons des choix. Une fois qu’ils seront faits nous tournerons la page”, a-t-il assuré.
A deux mois du second tour des élections régionales, les têtes de liste Majorité présidentielle soutenus par des poids lourds de la politique en région, ont voulu mettre leurs troupes en ordre de bataille. Message reçu semble-t-il par des militants qui assuraient, après les discours, ne plus vouloir parler des querelles internes.
Antoine Colliat
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