Un scrutin à enjeux multiples

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Ce premier tour des élections régionales (ce dimanche) présente plusieurs intérêts. Si, en Rhône-Alpes, comme dans la quasi-totalité des vingt deux régions métropolitaines, la victoire de la gauche ne fait guère de doutes, les observateurs analyseront avec attention les points suivants :

- L’abstention.

Elle est traditionnellement forte lors des élections régionales (39,2% en 2004). Elle pourrait cette fois-ci atteindre un record, avoisinant les 50%. On peut y voir le désintérêt pour la politique d’une partie de la population et plus encore le manque de lisibilité des actions des régions pour le grand public. A titre d’exemple, 54% des électeurs Rhône-alpins déclarent « ne pas s’intéresser aux élections régionales ».

- Le score de la majorité présidentielle

L’union hétéroclite des partis présents sous la bannière « Majorité présidentielle » permettra t-elle de mobiliser davantage les électeurs de droite ? Rien n’est moins sur si l’on en croit les difficultés qu’ont eu leurs responsables à s’entendre et les commentaires des militants. Entre les « UMP » qui estiment avoir laissé trop de places éligibles à leurs partenaires minoritaires, les Nouveau Centre, dont certains auraient préféré faire cavalier seul pour ce premier tour, les écolos de droite qui regrettent la présence de militants de CPNT ou encore les souverainistes de Philippe de Villier, qui n’ont pas digéré le ralliement de circonstance de leur leader à l’ennemi d’hier, il y a fort à parier que cette union explosera d’autant plus violemment que les résultats s’avèreront mauvais… comme l’annoncent les derniers sondages (28% au 1er tour pour la liste de Françoise Grossetête sans réserves de voix). L’après régionales se traduira par une nouvelle distribution sur l’échiquier politique à droite. Le Nouveau Centre d’Hervé Morin pourrait tirer son épingle du jeu. Cette campagne à permis au parti de centre droit, qui se réclame de l’héritage de l’UDF, de présenter des candidats en bonne place, leur assurant par la même une aura médiatique qu’ils n’avaient pas. C’est notamment le cas de la tête de liste de l’Ain, Damien Abad, parachuté il y a quelques mois sur le terrain et dors et déjà identifié comme un leader de la droite départementale. Enfin, on ne pourra expliquer les mauvais scores annoncés des listes de la majorité présidentielles sans y voir, pour une bonne part, une sanction à la politique menée par Nicolas Sarkozy et les conséquences d’une campagne marquée par des déclarations tristement tapageuses. A trop vouloir se décomplexer, comme l’y encourage son leader, la droite française retombe dans des travers xénophobes que beaucoup, y compris dans l’électorat de l’UMP, espéraient d’un autre âge.

Le score du Front national

Les sondages prévoient que la liste conduite par Bruno Gollnisch obtiendra autour de 8% des suffrages. S’il parvenait au-delà de ces 10%, le front national se maintiendra au second tour, accentuant un peu plus l’avance de la gauche. Le FN a quelques raisons d’y croire :

- Son leader, installé depuis longtemps en Rhône-Alpes, apparaît comme la tête de liste la mieux identifiées par les Rhône-alpins ! – A défaut d’avoir mené une grande campagne médiatique, le FN est parvenu à tenir ses troupes pour éviter les dérapages dont il s’est fait une spécialité.

- Le grotesque débat sur l’identité nationale, qui n’a finalement abouti qu’à l’exacerbation des communautarismes et à la légitimation des revendications nationalistes de l’extrême droite a constitué un cadeau providentiel.

-Enfin, les sondages ont tendance à minorer les scores du FN, une partie de l’électorat d’extrême droite préférant taire ses réelles convictions.

La présence du FN au second tour reste donc  très envisageable. Elle marquerait le retour sur le devant de la scène d’un parti que Nicolas Sarkozy avait relégué au second plan en reprenant à son compte les thèmes de l’extrême droite.

A gauche, la bataille des vainqueurs

C’est la que l’enjeu est le plus important dans la perspective des échéances législatives et présidentielles. Tout indique que les électeurs voteront majoritairement pour des formations de gauche. Reste à savoir comment ces voix se répartiront. On annonce le PS de Jean-Jack Queyranne en tête (25%), talonné par la liste Europe Ecologie de Philippe Meirieu (21%). En gros, comme l’explique Daniel Cohn Bendit depuis une dizaine de jours, “les socialistes ne peuvent gagner aucune région sans Europe Ecologie”. Et inversement. Quel sera le rapport de force entre ces deux entités ? Europe Ecologie s’installe t-elle comme la fameuse troisième force dans le paysage politique français ou comme la grande force de gauche de demain ? Son avènement sera-t-il durable ? Autant de questions auxquelles ces élections apporteront les premiers éléments de réponses. Au-delà de cette relation binaire, le PS devra prêter une grande attention aux résultats des partis dits « de la gauche de la gauche ». En effet, de quelle marge de manœuvre disposera le parti de Martine Aubry, s’il arrive certes en tête des partis de gauche mais malgré tout minoritaire au sein de la gauche ? Le PS serait alors tributaire des exigences des « petits » partis, qui, rassemblés avec Europe Ecologie, pourraient dégager une majorité dans la majorité… Le risque est grand.

Sans cette légitimité des sorties des urnes, le PS perdra une partie de sa légitimité. L’arc en ciel de gauche (PS, Verts, PC) à la tête de 20 des 22 régions françaises perdrait alors de son rose au profit du vert et du rouge.

MoDem : s’en relèvera t-il ?

Scissions internes, retard à l’allumage, campagne lamentable. Le MoDem ne peut en aucun cas sortir gagnant de ce scrutin. Avec 7% d’intentions de vote en Rhône-Alpes, la liste conduite par Azouz Begag est loin de la barre fatidique des 10% et sera relayée très loin derrière Europe Ecologie. Depuis les présidentielles, le parti construit par et pour François Bayrou ne cesse de régresser. Il n’apparaît plus comme l’alternative à l’opposition gauche/droite dont il se réclame. La faute à son leader, autoritaire, rigide dont la stratégie n’a pas fait consensus auprès des militants. De Poitou-Charente à Rhône-Alpes, de nombreuses voix, comme celle de Fabienne Faure, tête de liste dans l’Ain, réclamaient une union avec le PS dés le premier tour. Réponse négative et systématique de leur chef de fil, qui a perdu dans l’affaire les derniers éclats de son lustre d’antan. Cette fois, le désastre s’annonce tel qu’il pourrait définitivement condamner le parti… Du moins si François Bayrou s’entête à vouloir l’incarner.

Modem : toutes les listes sont bouclées

Ain, Ardèche, Drôme, Haute Savoie, Isère, Loire, MoDem, Rhône, Savoie Pas de commentaire »

Les listes du MoDem ont été déposées hier dans les préfectures. En voisi la composition :

Ain : Fabienne FAURE, présidente du groupe MoDem au conseil régional, conduit la liste, suivi de :
02 – Hervé CHAMBRION
03 – Marie-Jeanne BEGUET
04 – Pierre FERRARESE
05 – Muriel VAN DER VOSSEN
06 – Jean-Louis FILIPPI
07 – Bernadette ROBERT-WYSS
08 – Bernard FAVRE
09 – Virginie MORIN
10 – Gregory DENIS
11 – Marie-Pierre HUSSON
12 – Jacques LEQUIN
13 – Monique THEVENARD
14 – Pierre CORMORECHE
15 – Frédérique MACON
16 – Yves VENIARD

Ardèche : Dominique CHAMBON, ancien vice-président de la région Rhône-Alpes, avocat et bâtonnier d’Ardèche, conduit la liste, suivi de :
02 – Annie DANG
03 – Joseph SURREL
04 – Danielle MAGAND
05 – Alexandre FAURE
06 – Hélène SENAY
07 – Philippe BOSC
08 – Magali DIDIER CASALTA
09 – Robert HERELIER
10 – Claudette AUBERT
11 – Louis OLLIER

Drôme : Rosalie KERDO, inspecteur du travail, responsable associative, et présidente du MoDem Drôme, conduit la liste, suivi de :
02 – Thomas HURIEZ
03 – Karen BONIFACJ
04 – Thierry LHUILLIER
05 – Françoise MARFORIO
06 – Jacques LEVANDO
07 – Evelyne CORCUFF
08 – Olivier GAFA
09 – Michèle BEC
10 – Bernard FEUILTAINE
11 – Anne-Marie PAULON
12 – Pedro FRAILE
13 – Karima METARFI
14 – Hervé BREBANT

Isère : Morad BACHIR-CHERIF, maitre de conférence en psychologie et conseiller régional sortant, conduit la liste, suivi de :
02 – Michèle CEDRIN
03 – Paul BOURIAT
04 – Anne AMEZIANE
05 – Vincent HALUSKA
06 – Françoise DEFRANCOIS
07 – Michael DE JAHAM
08 – Béatrice DOUTRIAUX
09 – Jean-Yves DRODE
10 – Marie-Liane DESCHIZEAUX
11 – Jean-Claude LEJEUNE
12 – Jocelyne CHANROND
13 – Gontrand LIOT
14 – Monique RAVOUNA
15 – Rodolphe GUDET
16 – Anne SAOUDI
17 – Patrick CHAZAL
18 – Julie BARATIER
19 – Gaston HOUDRY
20 – Marie-France MARTINELLI
21 – Jean LABORIE
22 – Amina QUASHIE
23 – Christophe GERMAIN
24 – Marie-José AUBRY
25 – Pascal CHAUMARTIN
26 – Estelle TEYSSIER
27 – Michel GALLITRE
28 – Nathalie JEAUFFROY
29 – Alban CHESNEAU
30 – Marguerite MAUVAIS
31 – Stéphane GEMMANI

Loire : Denis CHAMBE, cadre commercial dans l’industrie et conseiller régional sortant, conduit la liste, suivi de :
02 – Michèle PEREZ
03 – Lionel BOUCHER
04 – Pascale ZUGMEYER
05 – Christophe BORY
06 – Simonne HUBE
07 – Silvere SAY
08 – Renée DUMONT
09 – David VACHEZ
10 – Dominique MOULINIER
11 – Jacques CHABANNES
12 – Anne-Françoise VIALLON
13 – Denis BONNEFOY
14 – Françoise GARNIER
15 – Vincent FOURNIGAULT
16 – Delphine JUSSELME
17 – Gilles GENTIAL
18 – Sylvie PLAY-COUVREUR
19 – Dominique SANNA
20 – Michèle BONNET
21 – Jean-Michel JOYEUX
22 – Bénédicte BREYSSE
23 – Jean-Louis GAILLARD
24 – Aurélie STUBBE

Rhône : Azouz BEGAG, écrivain, chercheur en sociologie & économie des transports, et ancien ministre, conduit la liste, suivi de :
02 – Anne-Sophie CONDEMINE
03 – Eric DESBOS
04 – Anne PELLET
05 – Richard MORALES
06 – Florence MARDIROSSIAN
07 – Habib DARWICHE
08 – Catherine PANASSIER
09 – François-Xavier PENICAUD
10 – Céline BOS
11 – Patrick BOGUTA
12 – Liliane BESSON
13 – Patrick DUBUISSON
14 – Charlotte HOFFMANN
15 – Alain BERNARD
16 – Michelle GENET
17 – Hervé MOREL
18 – Camélia RESSIER
19 – Stevens BOBI
20 – Véronique BETEILLE
21 – Jérôme LAMARTINE
22 – Emmanuelle PELLUET
23 – Alexandre CHAVANNE
24 – Christelle BOUVARD
25 – Francis CINCOTTA
26 – Monique TIXIER
27 – Benoit TERRIERE
28 – Martine JACOB
29 – Thierry BERGOGNE
30 – Régine LOUSTALOT
31 – Laurent GIRARD
32 – Carine FRAPPA
33 – Bassim FILALI
34 – Maud PASQUIER
35 – Eric DI DONFRANCESCO
36 – Elodie VIALLE
37 – Firass YASSIN
38 – Françoise KAUSS
39 – Joël GREA
40 – Janie ARGOUD
41 – Pierre ROUSSELOT
42 – Patricia CHENE-COURTOIS
43 – Pascal DU CREST
44 – Catherine BILLIARD
45 – Cyril CHADé

Savoie : Marina FERRARI, assistante de direction et responsable RH d’une PME, et présidente du MoDem Savoie, conduit la liste, suivi de :
02 – Alain MARçAIS
03 – Muriel LLANSOLA LLORENS
04 – Jean-François GIRARD
05 – Laure MEYER
06 – Philippe BASSY
07 – Nathalie NONFOUX
08 – Stéphane GUICHET PITHON
09 – Armelle LEROY-CAMPLAN
10 – Michel GACHET
11 – Anne-Marie VISCARDI
12 – Vincent BLANCHOZ
13 – Elisabeth TAMBURINI

Haute-Savoie : Antoine VIELLIARD, cadre commercial en entreprise et président du MoDem Haute-Savoie, conduit la liste, suivi de :
02 – Sophie MICOLLET
03 – Jean-Philippe DEPREZ
04 – Hafida MAHREZ
05 – Erwan LE BOUTEILLEC
06 – Rebecca TERRIER TOUAT
07 – Pascal DUCRETTET
08 – Sylvie PELLET-VION
09 – Hervé TEYSSIER
10 – Christine COLLOUD
11 – Christian CURDY
12 – Lydie LEMERLE
13 – Pascal CHESSEL
14 – Christelle GRANCHER
15 – Eddie TURK-SAVIGNY
16 – Dominique GUEGUEN
17 – Eric SAMSON
18 – Claudette JOHN
19 – Pierre POLES

Parfum de crise au MoDem

Ain, MoDem, Sondages 2 commentaires »

Cette campagne signera t-elle le glas du MoDem ? Au regard de la tournure qu’elle prend dans la région, la question paraît légitime. Alors que les autres formations politiques ont dévoilé depuis plusieurs semaines leurs têtes de liste, l’incertitude présidait encore hier au  MoDem. Dans l’Ain, la conseillère régionale sortante,  pressentie pour conduire la liste départementale, Fabienne Faure, a laissé planer le doute sur sa présence sur la liste MoDem jusque dans l’après-midi.

La présidente du groupe orange de l’hémicycle régional a finalement décidé d’y aller… Avec un optimisme très mesuré : “J’ai eu des doutes sur les compositions de liste, sur la stratégie d’Azouz Begag par rapport à l’UMP. Je voulais des garanties, je les ai obtenues. Il n’y aura pas d’alliance avec l’UMP…” résume t-elle dans une interview publiée dans Voix de l’Ain (édition du 5 février). Et d’ajouter : “Je suis persuadée que nous dépasserons les 5% (…) Au dessus des 10%, je ne me prononcerai pas…”

Plus généralement, il semble que la méthode Bayrou atteigne ses limites. Outre les querelles de personnes (comme celle qui a opposé Azouz Begag à Eric Lafond), le parti est divisé sur la stratégie. Beaucoup, comme Mme Faure, étaient favorables à des alliances dés le premier tour avec le PS et regrettent la décision de leur direction d’imposer des candidatures autonomes dans les 22 régions. Les militants sont chaque jour plus nombreux à dénoncer l’autorité, le manque de concertation et d’écoute de la part d’un François Bayrou focalisé sur sa propre image dans la perspective de la présidentielle.

Toujours dans l’Ain, l’une des anciennes figures du Modem, Pierre Cormorèche, qui a claqué la porte du parti, promet des jours difficiles : “Après les régionales, le Modem aura du mal à se relever”, assure t-il.
Seule la tête de liste régionale, Azouz Begag, affiche un extraordinaire optimisme. L’intellectuel lyonnais mise sur “les 80% de jeunes de moins de 25 ans qui ne sont pas allés voter aux européennes” pour faire le plein de suffrages et “créer la surprise en dépassant la barre des 10%”.

Une analyse contredite par les dernières enquêtes d’opinion, qui créditent le Modem de 4% (Sondage TNS/Sofres des  1er et 2 février) et par le sentiment de confusion qui émane de la base.

Retrouvez l’intégralité des interviews d’Azouz Begag, Fabienne Faure et Pierre Cormorèche dans le Voix de l’Ain du 5 février.

Modem : “pas de négociations avec le PS”

Ain, MoDem, Parti socialiste Pas de commentaire »

Alors que dans les coulisses, on entend déjà parler de négociations entre le Modem et le socialiste Jean-Jack Queyranne, plusieurs responsables régionaux du parti de François Bayrou affirment le contraire. A l’image de Fabienne Faure (Ain), qui semblait ce matin étonnée par notre question : “Des négociations ? Absolument pas. Du moins je n’en ai pas du tout entendu parler. La priorité est de constituer nos listes et de préparer le premier tour.”

Le MoDem, crédité de “seulement” 8% dans la région, garde l’espoir de franchir la barre fatidique des 10%, qui lui permettrait de se maintenir au second tour.

” Les négociations ne pourront se faire qu’après, en fonction des rapports de force”, explique t-on.

Seule certitude, “aucun accord avec la majorité présidentielle n’est possible”.

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