Inauguration des locaux des “Entreprises Solidaires”
Allée des Artisans, Trévoux, le vendredi 27 novembre 2009.
Les intervenants de gauche à droite : Armand Rosenberg, directeur général de Val Horizon et président de SERV’emploi Dombes Saône, Michel Raymond, s’exprimant en tant que Président de la Communauté de communes Saône Vallée et Patrick Rousset, Vice Président du Conseil Général de l’Ain.
Voici le discours prononcé par Armand Rosenberg, Président de l’association SERV’emploi Dombes Saône :

“Bonjour à tous et merci pour votre présence à cette inauguration.
C’est un moment important pour les équipes des trois Entreprises de l’Insertion par l’Activité Economique qui vont désormais vivre et se développer dans ces nouveaux locaux.
Pour ceux qui connaissaient les conditions de travail des activités Espaces Verts et Second Œuvre Batiment de Val Horizon, vous devinez, même si vous n’avez pas encore visité les locaux, que les salariés permanents comme ceux en insertion professionnelle travailleront désormais dans des conditions sans commune mesure avec les précédentes.
Tout a été rendu possible par la Communauté de Communes mais aussi grâce aux aides de l’Etat, du Conseil Général de l’Ain et de la Région Rhône Alpes.
Une fois n’est pas coutume, je vais parler pour les trois entreprises associatives : les Chantiers d’Insertion de Val Horizon, En’Mob, l’Entreprise d’insertion AIDVS et le petite dernière mais pas la moindre, Serv’emploi Dombes Saône.
I. Premier message : l’enjeu du soutien à l’emploi.
Je vais vous donner quelques chiffres, mais il faut que nous soyons bien d’accord :
L’enjeu n’est pas exclusivement quantitatif.
L’insertion professionnelle passe souvent par l’accès à des conditions de vie satisfaisantes et par l’accès à la compétence :
Nous nous attachons à accompagner nos salariés sur ces points, avec des permanents formés pour cela.
Nous travaillons avec les autres professionnels et bénévoles de l’emploi et du social.
➢ Premier enjeu : le logement et à la santé
Quand je parle de conditions de vie satisfaisantes, je pense notamment au logement et à la santé …
Vous savez comme nous que la question n’est pas exclusivement celle de l’accompagnement.
Le meilleur des soutiens ne conduit à rien si il n’y a pas de logement, si l’endettement est trop important, si les ressources de la famille sont durablement insuffisantes … C’est d’ailleurs ce qui a motivé le secteur insertion de Val Horizon à soutenir puis à porter l’initiative de création de l’Épicerie Solidaire qui existe désormais à Trévoux.
Pour agir sur ces aspects, tous les permanents sont bien sûr mobilisés, mais deux permanentes dont l’une travaille pour les trois entreprises sociales le sont particulièrement.
Je veux exprimer ici, devant vous tous réunis, que nous admirons souvent le courage de nos salariés en insertion professionnelle qui, malgré des conditions de vie difficiles, marchent la tête haute, s’investissent et, grâce à leur énergie, reprennent un emploi.
➢ Deuxième enjeu, l’accès à la compétence.
Je me souviens qu’il y a dix ans, quand j’ai commencé à travailler dans le secteur de l’insertion, une étude de l’État dans notre région prouvait que les bénéficiaires du R.M.I. étaient notamment ceux qui n’avaient jamais accédé à la compétence.
Plus grave encore, elle montrait qu’une fois rentrées dans le dispositif d’accompagnement du R.M.I., ces personnes n’accédaient pas plus à la formation.
Je ne vais pas beaucoup vous étonner si je vous déclare que la compétence est décisive, non seulement pour avoir un emploi mais aussi, plus globalement, pour avoir une économie performante.
Hélas ! Alors que nous savons tout ça, je suis au regret de vous dire que la situation n’a pas beaucoup changé, même si quelques belles expérimentations sont menées avec la Région Rhône-Alpes, l’État et le Département de l’Ain.
Ce sujet est l’une des batailles fondamentales menées par les acteurs de l’Insertion par l’Activité Economique.
Le premier espace d’acquisition ou de préservation des compétences passe par la proposition d’un emploi.
La motivation, le travail en équipe, la polyvalence … etc … sont des compétences qui passent par l’exercice d’une activité professionnelle.
Nos emplois sont pour une partie de nos salariés l’occasion de découvrir un nouveau métier, ils décident parfois de l’exercer durablement. L’année ou les deux années que ces personnes passent avec nous, sont alors l’occasion d’acquérir une première maîtrise technique.
ET puis enfin, nous envoyons nos salariés en formation.
Nous y consacrons même beaucoup d’énergie et d’argent.
55 actions de formation ont ainsi été menées en 2008.
II. Deuxième message : notre contribution à l’économie du territoire.
C’est la partie qui est souvent oubliée et que nous avons envie de mettre en exergue comme nous le faisons depuis le début de la semaine à travers les Rencontres Solidaires de notre programmation “Économie du Troisième Type”.
1) Première contribution à l’économie du territoire : notre fonction employeur.
Vous allez me dire : “Facile, c’est votre objet social !”
Bien sûr mais ça vaut néanmoins la peine de mesurer ensemble cette contribution :
➢ 14 emplois de permanents,
➢ 113 salariés en insertion
➢ 500.000 € de salaires et de charges pour les seuls Chantiers d’Insertion de Val Horizon
Vous conviendrez que ce n’est pas tout à fait anodin.
2) Deuxième contribution à l’économie du territoire :
l’offre de service que nous apportons aux habitants, entreprises et collectivités.
Pour partie, cette offre de service correspond à des niches qui ne sont couvertes par personne.
Nous pouvons penser à l’atelier de Jeanette qui offre une prestation de repassage, à En’Mob qui permet aux demandeurs d’emploi de se déplacer, à Serv’emploi qui crée des emplois en répondant aux besoins de main d’œuvre, ponctuels ou à temps partiel, des particuliers / associations / collectivés.
3) Troisième contribution à l’économie : le bénévolat.
Un des atouts de notre forme associative, hors le fait que nous n’avons pas de but lucratif, que nous avons une gouvernance collective …. … c’est le fait de pouvoir nous appuyer sur une ressource bénévole.
Ce sont ainsi près de 20 personnes qui interviennent bénévolement sur ces trois entreprises associatives.
4) … ET bien sûr la dernière mais pas la moindre contribution à la vie économique et sociale du territoire, ce sont les 42 sorties pour des emplois ou des formations sur 67 sorties au total de nos structures en 2008.
Je vous passe les nombreux projets sur lesquels nous avons encore envie de nous investir de peur d’être vraiment trop long.
Je pense que nous pouvons profiter de l’occasion pour dire notre respect aux salariés permanents ou en insertion des trois structures, pour remercier les permanents pour leur engagement dans le projet social de chaque association, et pour féliciter François Buton et Didier Servolle pour le pilotage de leurs activités, avec une mention spéciale à François qui s’est tellement investi pour qu’existent les Entreprises Solidaires.
Enfin merci de tout cœur à la Saône Vallée pour cet investissement exemplaire. Il n’y a pas beaucoup de Communautés de Communes à avoir fait aujourd’hui un tel choix dans la région.
Merci de votre venue … Merci à tous … et n’hésitez pas à découvrir les lieux et échanger avec les uns et les autres.”
Armand Rosenberg
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